vendredi 30 octobre 2015

Du sommeil aigre-doux de l'enfance

Écrire est une exploration et l'écrivant, un aventurier de l'espace-temps. Il y a toujours une mise en danger de soi sur les terres d'écriture, peut-être un danger de perdition, de dispersion, notamment, dans cette écriture où l'on tente de parler d'un soi alors que l'on sait pertinemment qu'il est hypothétique, du moins, fluctuant, et qu'il dépendra surtout de ce que l'on en écrira.
On ne se fait plus d'illusion, on sait que l'écrivant, lorsqu'il prétend être à la recherche des lieux perdus, est en fait à la recherche d'un soi égaré quelque part, entre hier et demain, entre ici et là bas, entre des mots et des mots. Ce n'est pas la connaissance de soi qui importe, loin de là, l'écrivant se cherche d'une autre manière : il cherche son sujet, il cherche à le localiser.
Si j'entreprends de fouiller dans le "sommeil aigre-doux de l'enfance", magnifique expression que j'emprunte à Julia Kristeva dans son essai Étrangers à nous même et qui m'évoque tellement cette période toujours trouble du passé, cette période qui peut durer longtemps, cette période où le sujet qui s'éveille est à la fois endormi, c'est pour tenter de répondre à une sollicitation du hasard que j'ai transformée en contrainte d'écriture.

203 commentaires:

  1. «Celui qui écrit cherche son sujet. Celui qui écrit cherche à localiser son sujet.»
    Quelles sont les coordonnées GPS du sujet de celui qui écrit ? Les coordonnées sont fluctuantes, changeantes. En un mot les coordonnées GPS du sujet de celui qui écrit sont insaisissables, indécidables.
    Il reste la question qui elle (la question) est bien réelle (celui qui écrit se pose la question de la localisation du sujet).
    Les ordres sont clairs : localisez le sujet, faites les sommations d'usage, abattez-le, abattez le sujet au moindre signe de non-collaboration.
    Celui-qui-écrit et "le sujet" sont maintenant amis.

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  2. 03:29 est l'endroit de celui-qui-écrit : cette heure indicible dernière de la nuit, ce lieu indicible n'a pas de coordonnées GPS.

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    1. Alf s'exprime (mon dieu) d'un point flottant, fluctuant, mouvant, changeant.
      Il faut croire. Il faut croire que ce point est le point de passage.
      Juste après il y a le Jardin persan.

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    2. Je crois que tu maîtrises l'Art du déplacement.

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    1. Un exilé. L'exilé bougera encore. L'exilé changera de place. Cette nuit même l'exilé fuit à nouveau. Il faut partir.
      C'est toujours l'heure de la fuite.

      La neige.

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    2. C'est comme ça. C'est toujours une fuite de la réalité rugueuse.

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  4. Celui qui écrit est un migrant. Ou plutôt le sujet de celui qui écrit, le sujet de l'écrivain principal, le "je" de celui qui écrit est un migrant. Le migrant est en fuite, il fuit la faim, le trop froid, le trop chaud. Le migrant fuit une situation inconfortable. Le migrant fuit les bombardements. Le migrant fuit un régime politique injuste et cruel. Il se peut que le migrant migre pour migrer : les hommes ont des jambes libres, les hommes marchent, depuis les hommes nés restent pas sur place, les hommes marchent pour manger, les hommes ont des jambes, les hommes ont soif, les hommes ont faim.
    Ici, Alf dessine une ligne de points (il faut imaginer Alf dessiner une ligne de points).

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  5. Battre des ailes ou faire un pas puis un pas puis un autre pas c'est pareil : Alf montrera au promeneur égaré dans le jardin d'Elly (lieu qui n'a pas de coordonnées GPS) un pélican. Un pélican presque vrai. Le pélican presque vrai migre : l'œil du pélican regarde en dessous les hommes qui font des signes sur les ponts des petits bateaux.

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    1. J'aimerais bien voir ça...

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    2. Bon d'accord. Je poste ça à La Plantación. Le plus vite possible. Je laisse quoiqu'il arrive.

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  6. Tu es là. Je migre et tu es là.
    Nous essayons de passer la frontière dans la nuit.

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    1. Les frontières aussi sont fluctuantes, Alf.

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    2. Elly et Alf se demandèrent au même moment : – Peut-être avons-nous passé le poste frontière sans nous en apercevoir. Tout est si blanc.

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    3. Elly se demande Alf : où est-elle ? Dans un rêve ? Dans un cauchemar ?

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  7. Elly fait parler Alf.

    «Où est Elly ?»
    «Dans un rêve ? Dans un cauchemar ?»

    Alf fait parler Elly.

    « Où est Alf ?»
    « Dans le monde vrai ? Ici ?»
    « Je me pose tellement de question à son sujet.»

    Là, normalement quelqu'un aurait dû insérer dans le texte un assez long monologue : le monologue d'Elly.
    Le monologue d'Elly sera écrit : c'est sûr. Mais avant, celui qui doit écrire : le monologue d'Elly (qui pourrait bien être Alf lui-même) doit aller se servir un café. Encore un café. À tout à l'heure, donc.


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  8. C'est l'heure : c'est le moment parfait. C'est le moment parfait pour celui qui doit écrire. C'est le moment parfait pour celui qui doit écrire : le monologue d'Elly (qui pourrait bien être Alf lui-même).
    « Sais-tu ce moment, Alf ? Ne quitte pas cet endroit. Écris le monologue d'Elly.»
    Il y a tellement de voix, tellement de narrateur, Alf s'y perd un peu. Encore du café, donc. Et les chats.

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  9. « Alf, le soleil va arriver et tu n'auras pas écrit une ligne du monologue d'Elly.»
    Alf le sait très bien ça.
    «Je sais»

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    1. Alf, est-ce que le monologue d'Elly est censé répondre au monologue de Alf ? (il reste un peu de temps avant que le soleil arrive)

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    2. Je me demande si le monologue d'Elly sera un poème..

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    3. Peut-être qu'Elly fera son monologue toute seule, qui sait ?

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    4. S'exiler ou ne pas s'exiler ? Voilà la question.

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    5. E-mail

      Je ne censure pas mes idées : qui suis-je pour leur ôter toute possibilité de s'incarner ?
      Fut-ce en mots, en phrases.
      L'ai-je fait ? Ai-je dévoiler quoique soit de nos e-mails privés.
      J'envisage leur existence littéraire, leur recevabilité littéraire (l'histoire de la littérature est remplie de ce genre) : c'est autre chose que de tout balancer en vrac, n'importe où.

      J'aime le bruit de fond que laisse tes mots, tes phrases.

      Je te parlerai toujours.

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    6. Des mots, des mots, rien que des mots.
      Mais les mots s'effacent. Les mots ne restent pas. Les mots ne sont pas éternels. Les mots sont inconsistants.

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    7. Les mots les plus inconsistants sont les mots d'amour.

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    8. Une cafetière c'est chaud, c'est un objet. Se heurter enfin à l'objet.

      Plutôt que se heurter à Elly.

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    9. Voyons Alf, tu le sais très bien. Mme Bovary (et beaucoup d'autres Madames du monde) en a fait l'expérience.

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    10. Ce qui est éternel, c'est la fuite, c'est l'exil, c'est l'errance.
      C'est le noir qui nous habille.
      C'est le noir sur les paupières.

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    11. Le Bovarysme, cette envie, ce besoin de s'inventer, de s'arracher de l'endroit assigné, de se rêver autre et ailleurs, de se créer autre pour déambuler ailleurs avec une autre, avec un autre : Eh, bien (je ne veux pas écrire comme ça)

      Les feux de l'amour, Madame Bovary regarde les Feux de l'amour.

      Je n'écrirai plus jamais à Elly des mots d'amour, je ferai autre chose.

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    12. Je crois que je vais regarder partir Elly : je te regarde partir, je te regarde ne pas te retourner je veux faire comme toi ; me regarder partir et ne pas me retourner

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    13. Ici, dans le patois local, "partir" est synonyme de "mourir"

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    14. Ils sont inconsistants et pourtant ils rendent vivant. Les mots rendent vivant, surtout les mots d'amour.
      Comment vivre sans illusion, Alf ?

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    15. J'observe qu'Elly et Alf ont du mal à s'arracher de cet endroit peuplé de mots.
      Est-ce bien ou mal de rester là ? Elly et Alf ne le savent pas.

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    16. Si c'est bien ou mal ? Quelle question ! C'est très certainement bien et mal à la fois.

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    17. J'observe qu'Elly est définitivement plus éloignée que Alf.
      En effet, rester ici est à la fois bien et mal.
      Elly et Alf, drôle de ménage.

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  10. Variations sur la perte et la trouvaille (du sujet):
    L'exilé se perd en chemin
    Mais il faut d'abord se perdre pour espérer se trouver
    "Avoir une fois tout perdu" pour écrire
    qui perd, trouve
    qui se perd, se trouve
    qui est perdu d'avance, c'est peut-être trop tard
    le sujet qui se perd peut trouver une échappée belle.

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    1. Hélas ! Parfois, la perte est irrémédiable.

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    2. Le monologue d'Elly ( le monoblogue d'Elly, le monobloc parce qu'Elly et le petit Alf, l'incrusté) c'est essentiellement et dans tous les sens : la localisation du sujet : où est Elly ?
      Elly, je suis celui qui essaye de te localiser : personne même pas toi (surtout pas toi) ne pourra raconter ton histoire (le cerveau humain n'est pas équipé pour ça).
      « Ton absence t'a remplacé(e).» c'est une phrase jolie : c'est un endroit.
      Elly peut très bien dire : « Alf, tu sais, j'habite cet endroit ».

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    3. Alf, peut-être habitons-nous le même endroit ?

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  11. Elly et Alf, des aventuriers de l'espace-temps : les livres de la bibliothèque rose, les livres de la bibliothèque verte qui se poursuivent. Comme dans le Club des cinq nous sommes des aventuriers ; c'est comme ça Elly que je te vois : comment traverses-tu la vie : avec des lampes torches, des grottes, des personnages, toutes sortes de personnage. Nous allons dans des villes, dans des paysages. Nous marchons sur des chemins. Comment Elly et Alf traversent-ils la vie ?
    Des aventuriers de l'espace-temps ! Ça me va.

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    1. Il y a peut-être du vrai. Le premier livre que j'ai lu, le livre originel qui m'ouvrait vers un ailleurs : c'est Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson. Ensuite, j'ai lu tous les contes de fées. Et puis Les lettres de mon moulin : quel exotisme !
      On avance à tâtons, des fois on y laisse quelques plumes. Cette aventure de l'espace-temps n'est rien d'autre que la vie.

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  12. Les territoires de l'exil. Les terres de l'intérieur.
    Ça a commencé comme ça : à l'épicerie chinoise. Un livre oublié là-bas. Au milieu des énormes sac de riz.

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    1. C'est un livre entre Orient et Occident : avec de nombreuses pages blanches.

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  13. Nous habitons le même endroit ; là, nous traversons les terres de l'intérieur. Les terres de l'intérieur. À deux. Bientôt les chemins bifurquent : « Toi, Elly, tu vas par là. Alf, toi, essaye de prendre par là. Tu verras bien.»

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    1. Un jour ou l'autre, les chemins finissent toujours par bifurquer, même lorsqu'ils ne se sont jamais croisés. Toujours et jamais (forever and never)

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    2. Sûr, Elly et Alf occupe le même espace. Mais jamais (never) la même heure : quand Alf pousse la porte, Elly vient de sortir.

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    3. Alf et Elly se manquent souvent de peu.
      J'ai retrouvé une phrase de François Cheng aujourd'hui : " Le charme d'une vraie rencontre, c'est qu'elle a souvent lieu dans l'inattendu et l'inespéré. " C'est joli ce qu'il dit, non ?

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    4. Alors n'attendons rien, n'espérons rien. Nous savons le faire ça. Nous savons le faire.

      Elly tu étais là toute la journée : écrire quand Elly n'est pas là : rien ne sort. Quand Elly est là : ça va mieux. Écrire est plus facile. Je ne sais pas pourquoi.

      Sans Elly, Alf ne peut pas raconter l'histoire.


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    5. L'autre jour Elly était plus proche. Elly s'éloigne. Le froid, le gris monotone recouvre l'espace qui existe et qui n'existe pas. L'heure particulière ne se distingue pas des heures banales.

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  14. Je te sens pas très loin. Alf peut presque toucher Elly. Elly peut presque toucher Alf. L'exil intérieur a-t-il une consistance ? Où es-tu petit point aigu ?
    Il y a autant de petits points aigus que de petit grains de riz. Les petits grains de riz emmaillotés, là, dans les grands sacs blancs de l'épicerie chinoise.

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  15. Alf n'est pas un homme d'intérieur

    De tous les exotismes, l'exotisme intérieur est le plus dépaysant. L'exotisme intérieur est enivrant : des espaces étrangement familier, un climat doux et tempéré avec des tempêtes inouïes.
    La vie de bohème intérieure réserve bien des surprises.

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    1. Je n'ai pas envie de te poser plein de questions.
      Pourquoi mets-tu en gras ta première phrase ?

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    2. C'est pour faire un titre. Pour faire un effet : faire ressortir une partie d'un ensemble qui peut être perçu comme monotone pour le lecteur éventuel.
      Aujourd'hui Blogger ne permet pas beaucoup de fantaisie dans l'espace commentaire : mais Alf aime bien faire avec ce qu'il a.
      Le texte d'Elly qui accompagne la photo de LÔ qui s'éloigne est parfait. Le titre «VA» n'est pas en caractères gras et le post est resté sans commentaire (le lecteur a certainement compris qu'il n'y avait rien à ajouter à la poésie d'Elly).
      Voici le commentaire que Alf n'a pas laissé là-bas :
      LÔ en petit exil.

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    3. Il y avait eu, un temps, quelques commentaires, supprimés depuis.
      Lô en petit exil : c'est très joli.

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    4. Lô souvent de dos.
      L'école est un exil, parfois.
      Alf en exil, rue des écoles.
      Alf qui la regarde partir et ne pas se retourner et qui veut faire comme elle : se regarder partir et ne pas se retourner : essayez un peu pour voir.

      C'est à dire à peu près ceci (et je ne crois pas qu'Elly le fasse exprès) : Les images d'Elly, géométriquement et dans tous les sens : le sujet est en exil.

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    5. Alf reprend (se reprend) : « Sur les photos d'Elly, le sujet est presque toujours en exil. Le sujet c'est l'exil.»
      « Aussi les paysages, pareil pour les arbres, les feuilles. Même chose pour les nuages, bien sûr.»

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    6. Elly se réveille avec les mots (et les analyses) de Alf.
      Pendant son sommeil (découpé) cette nuit, Elly était aussi en exil : c'est toujours de l'exil, bien sûr. Et c'est en ce sens que le sujet est difficilement localisable, "localisable" comme l'entend Elly.

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    7. Peut-être que Alf aussi est en exil ?

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    8. A peu près, pas très loin, vers sa machine à café ?

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    9. La cafetière électrique n'est pas sans importance. Cette histoire jolie ne serait pas tout à fait la même sans cet objet.
      Une cafetière c'est chaud, ça ronronne, c'est là : Alf est en parfaite entente avec sa cafetière électrique.
      Mais Alf ne va tout de même pas écrire sur les grains de café qui s'allument emmaillotés, là.

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    10. Peut-être que Alf ne connaît pas l'histoire du vent et de la terre emmaillotés, racontée par Elly ?

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    11. Localiser la cafetière (et même le sujet de la cafetière) n'est jamais un exercice indécidable (à part bien sûr si les chats décident de s'en mêler).

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    12. La vie réserve bien des surprises.
      Elly, vite : où se trouve cette histoire ?

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    13. C'est une ancienne histoire, écrite il y a quelques années déjà, à une date approximative. Elle n'est pas par là, elle se situe dans des contrées intérieures.

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    14. Sous la forme d'un petit poème.
      Tu voudrais le lire ?

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    15. Une poésie d'Elly. Alf recopie toutes les poésies d'Elly.
      Une poésie d'Elly, ici, dans l'espace commentaire de Blogger, ouvre, directement et dans tous les sens, sur tout l'univers.

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    16. Localise ta poésie Elly.
      Pendant ce temps Alf se demande comment le mot « emmailloté » est arrivé dans les oreilles d'Elly.
      Bien avant cette histoire jolie.

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    17. Elly n'utilise pas ce mot.

      Ouvre bien les oreilles : c'est une histoire que les arbres murmurent aux passants en exil.

      La femme est une terre
      et le vent son amant
      il frôle sa poussière
      elle accueille son chant

      il est un mouvement
      un souffle qui s'immisce
      sur monts et précipices
      un air doux et puissant

      elle est un continent
      un corps, une étendue
      qui attend la venue
      de son râle émouvant

      la femme est une terre
      et le vent son amant
      il se mêle à sa chair
      elle aime son tourment

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    18. Je n'en crois pas mes oreilles.
      Toutes les Elly et tous les Alf de l'univers devraient lire la poésie d'Elly.

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  16. Alf sur le point de ne pas s'endormir se demande : « Les petits grains de riz aigus enfermés là dans les grands sacs blancs, serrés les uns contre les autres...»
    « L'âme des vieux soleils.»

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  17. Alf, tu sais, les terres de l'intérieur sont vastes. Nous traversons des lieux, des mondes : ce sont tout autant des paysages qui nous habitent, des paysages qui nous hantent. Ces paysages sont à lire dans tous les sens : ils sont géographiques, linguistiques, affectifs, temporels etc.
    Les petits grains de riz aigus enfermés dans les grands sacs blancs se rappellent des paysages d'eaux, des soleils mouillés, des ciels brouillés, d'une douce langue natale, et le temps, le temps des soleils couchants, le temps où le monde s'endort dans une chaude lumière.

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  18. Les petits grains de riz aigus sont une invitation au voyage.

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  19. PELICAN AIRLINES VA OÙ VOUS RÊVEZ D'ALLER

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    1. As-tu remarqué que l'exil peut mener au voyage ? L'exilé peut devenir un voyageur, et ce n'est pas la même chose.

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  20. Les petits grains de riz aigus s'allument.

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  21. Personne ne sait exactement comment le petit événement sans importance a commencé. Quelqu'un sans doute a fait bouger le grand sac de riz de l'épicerie chinoise : deux grains de riz se sont retrouvés serrés l'un contre l'autre.
    Deux grains de riz aigus se sont retrouvés serrés l'un contre l'autre au milieu des autres grains de riz plus ou moins aigus.

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    1. (Mon dieu) Quelle situation inconfortable ! Quel tragique destin ! Ces deux grains de riz courent un grand danger. Ils risquent de se brûler.

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  22. Au fait, c'est toujours le monologue d'Elly, là ?

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  23. J'ai vu les grutiers du port du Havre, par exemple, décharger les containers bleus, jaunes, rouges, verts, oranges,
    En ce moment même un container orange s'élève dans les airs du port du Havre : ce container sait bien des histoires.

    Observe Elly comme l'écriture d'Alf s'égare ce matin. L'écriture se perd.

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    1. Alf, l'égarement de ton écriture ne date pas d'aujourd'hui.

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  24. Alf lit le « 31 mai 2014 d'Elly.»

    Elly écrit exactement comme sa mamie Suzanne fait la cuisine.
    Elly est dans la cuisine de mamie Suzanne : c'est de là-bas que Elly écrit.
    Elly écrit le monologue d'Elly.

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    1. Mon petit Alf, Suzanne est la maman d'Elly. L'épicerie chinoise ramène Elly vers sa maman, sous les soleils mouillés, et les cieux brouillés, vers sa langue natale, qui parle à l'âme en secret.

      Je croyais que c'était Alf qui écrivait le monologue d'Elly ?

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  25. Alf veut apprendre le vietnamien.

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  26. một hạt gạo
    Mes premiers mots en vietnamien.

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    1. Je vois que tu es motivé, tu apprendras vite.

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  27. Réponses
    1. le coeur de Alf est invisible. Ou absent.

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  28. Sur l'écran de l'iPhone le cœur est bien là.

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  29. Réponses
    1. Peut-être que ce coeur arrivera à localiser Elly ?

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  30. LE CHŒUR
    (Le Chœur vocalise)

    Écrire un monologue avec des mots : c'est ce que font les humains depuis le début.
    Remuez-ça comme vous voulez : personnages-clés, personnages principaux et moins principaux, narrateurs, auteurs, auteurs eux-mêmes. Déroulez, remontez-ça dans tous les sens : il peut bien y avoir mille personnages qui parlent, au final il n'y a qu'une voix : la voix de celui qui écrit.

    Alf, lui, localise. Alf ne peut pas localiser avec les mots des humains.
    Petit-Alf localise avec son cœur.

    40 ans d'usine puante et dans le soir l'odeur des mets fins et délicats : Les humains ont bien des façons pour dire :« je vous aime.»

    Schopenhauer ce matin peut bien aller où il veut ( Alf vient de lire l'article de FS sur la correspondance du "patron", comme ils disent ).
    Le "patron" écrit bien, certes. Mais à quoi bon dire des choses pareilles ? Ça console un peu : c'est l'élite de la tristesse. L'aristocratie de la déprime. La crème de la crème de la bile noire. Mais en somme ça ne vaut pas un petit coeur de Bill, ça ne vaut pas son bateau qui descend le fleuve rouge, là, dans le matin. Ça ne vaut pas un merci de JJ.

    Elly et Alf occupent une histoire jolie.

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  31. L'histoire de Elly et Alf est ténue.
    L'histoire de Elly et Alf tient à un fil.
    Alf n'y arrive pas.
    L'épicerie chinoise est fermée.
    Les sacs de riz gluant attendent.

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    1. Pourtant Alf sait écrire de belles histoires.

      Alf parle d'Elly avec ses pointillés dans le ciel, mais Alf aussi est en pointillés.

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    2. Alf n'a pas commencé à écrire l'histoire du monologue d'Elly. Alf a écrit sur tout ce qui entoure le monologue d'Elly. Derrière, devant, en haut, en bas, partout. Le monologue d'Elly n'a pas commencé.
      Ce qui a commencé pour Alf (là il faut écrire sans exagération, sans extravagance, sans bouffonnerie même) c'est la sensation nette et coupante de s'effacer. Alf se trempe autour du monologue d'Elly est cela le tue (tout de suite les grands mots).
      Et pourtant c'est bien ça : Alf écrit et le sujet d'Alf disparaît lentement mais sûrement. 
      Le sujet d'Alf parle autour du monologue d'Elly et au fur et à mesure Alf disparaît lentement (Alf meurt lentement, as you like it, Elly).
      Mais cela n'est pas grave.

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    3. Qui va-t-il rester si Alf et le sujet d'Alf meurent lentement ?

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    4. Qui chasserait les idées noires d'Elly ?
      Qui la sortirait de son mortel ennui ?
      Qui l'aiderait à reprendre vie ?
      Qui pour faire battre le coeur d'Elly ?

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  32. Il y aura dans cette histoire qui n'existe pas des moments éloignés. Des heures vides.
    Alf salue le lecteur égaré ici (il fallait bien que ça arrive : saluer le lecteur c'est une façon de dire : À moi.)

    Elly, tu dors.
    Alf avec Elly n'utilise jamais le point d'interrogation. Les points d'interrogation d'Elly tombent sèchement, coupent : les questions d'Elly sont dures mais justes.



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    1. Alf, tu m'as réveillée.
      Les questions d'Elly ne sont pas toujours comme des coups de poing, je ne crois pas.
      Il arrive même qu'Elly partage des poèmes avec Alf.

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    2. Alf, tu dors ?
      Elly avec Alf utilise parfois le point d'interrogation, mais pas tout le temps.
      Alf est la première personne qu'Elly rencontre et qui n'utilise pas le point d'interrogation. C'est assez surprenant et ça rend Alf unique.

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    3. Elly écrit des réponses jolies aux questions que Alf ne lui pose pas.

      Le lecteur bohème doit lire avec attention les dates de publication des textes : sa lecture doit en tenir compte.

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  33. Cet endroit (le rectangle blanc de l'espace commentaire de Minuit dans le jardin) est une surface géométrique. Parfois Alf occupe cet espace : Alf se regarde écrire dans le rectangle.
    L'heure c'est plutôt 03:00 dans le jardin. Minuit est loin derrière.
    La consistance, l'incarnation.
    Alf passe parfois devant La Chapelle du Verbe Incarné : Alf tu dois incarner le monologue d'Elly.
    Elly tu ne m'as rien dit sur le repas coréen avec ton groupe. Alf te sent si loin dans cette nuit.

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    1. Tu ne me l'as pas demandé. Et je pensais que ça ne t'intéressait pas.

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    2. Cette nuit, Elly n'est pas loin de Alf. Elle est seulement à quelques pas de son imagination.

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    3. Le monologue de Alf : Elly le connaît par cœur : Alf ne demande rien, Elly ne demande rien. Les questions d'Elly sont toujours déjà là dans le monologue de Alf : Alf reconnaît les interrogations familières d'Elly. Et vice-versa et dans tous les sens.
      À certaines heures qui sont des endroits fuyants le monologue de Alf coïncide avec le monologue d'Elly : le lecteur n'a plus qu'à imaginer Elly s'incarner et Alf s'incarner.
      Il faut littérairement et dans tous les sens fixer quelques objectifs hors d'atteintes à l'histoire de « Elly et Alf »
      Qui dit ça ?
      La visée est simple : Elly et Alf doivent s'incarner.
      Où ça ?
      Là, dans le rectangle blanc de l'espace. Dans le rectangle blanc de l'espace commentaire du jardin d'Elly.
      Indiquez l'adresse précise.
      Elly et Alf sont une multitude de points : le processus d'incarnation est assez complexe à décrire : mais surtout très ennuyeux à lire (le lecteur éventuel sauterait inévitablement les pages décrivant le processus d'incarnation du monologue d'Elly et le processus d'incarnation du monologue de Alf).
      Alf se dirige vers la cafetière électrique. En chemin, Alf observe deux chats noirs dormir sur le grand radiateur en fonte de la cuisine.

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    4. Alf ne sait pas comment dire. Alf dit : « Les questions d'Elly sonnent toujours justes. C'est comme si les questions d'Elly n'étaient pas vraiment des questions. Où plutôt comme si les questions était déjà depuis toujours familièrement installées dans le monologue de Alf.»

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    5. Alf : « Les questions d'Elly me sont familières : je les reconnais. C'est peut-être pour ça que je peux répondre aux questions d'Elly presque sans réfléchir et même avec une joie excitante.»

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    6. Elly aime bien les réponses non-réfléchies ou les non-réponses réfléchies de Alf.

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  34. Elly s'incarne un peu et tout va mieux. Tout l'univers.

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  35. POÈME ÉCRIT PAR UNE AMIE D'ELLY

    Bipédie

    Sous les voiles de mystère posés par je ne sais qui
    Sous les fourrures données par un homme
    Sous les bonnets de laine trop rêche choisis par elle-même
    Sous les mots
    Sous les peurs
    Une femme attend

    Une femme essaye une posture
    Née debout
    Née adulte
    Vénus sortant des eaux
    Erigée sur une conque
    Trop raide !
    Elle se brise en mille morceaux au premier choc
    Il faut tout recommencer

    Une femme porte le monde
    Comme une armée d’Atlantes
    Héritière d’un joug millénaire
    Fière avec sa tête penchée sous le fardeau
    C’est trop lourd !
    Bientôt ça craque
    Elle envoie tout balader
    Le monde autour d’elle vacille
    Mauvaise solution

    Une femme attend son heure
    Elle a appris la patience
    Elle tricote une longue écharpe
    Comme mille Pénélopes avant elle
    Bientôt elle a 80 ans
    Ulysse n’est toujours pas revenu
    Les prétendants sont morts
    L’écharpe est trop grande et ne va à personne
    Elle sent la poussière

    Une femme est seule sur une île
    Elle est puissante
    Elle séduit les hommes
    Au moyen d’un élixir
    D’illusions et de fantasmes
    Parfois elle les transforme en porcs
    Et s’en amuse
    Circée, de quoi as-tu si peur?

    Une femme est enlevée
    Saisie au petit matin
    Tirée d’elle-même
    Transformée en chose
    Puis laissée pour morte
    Elle se change en pierre
    Pas de déesse à son nom
    Elle n’a pas de nom

    Une femme est en travail
    Elle se prépare à accoucher d’elle-même
    Guidée par des sages femme
    Sous le regard bienveillant des Parques

    Elle se déploie
    D’abord maladroite comme un poulain
    Une patte après l’autre
    D’abord 4 puis 2
    Il faut apprendre la verticalité
    Il faut apprendre
    A s’appuyer sur la colonne vertébrale de son désir
    Il faut tout ré-apprendre

    Papillon aux ailes encore chiffonnées
    Fleur aux pétales naissants
    Arbrisseau tendu vers le ciel

    Mais bientôt elle marche
    Femme debout
    Femme qui marche
    Femme qui danse
    Se possédant elle-même – que pourrait-elle posséder d’autre ?
    Exprimant le monde
    A travers le paysage changeant de son corps
    Vagabonde parfaitement libre
    Profondément enracinée dans le mouvement de sa danse
    Elle chante
    Le mystère de l’incarnation

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  36. Elly a mis sous les paupières d'Alf une poésie : l'histoire d'un personnage qui s'incarne. Une vénus anadyomène traverse la vie et après bien des épreuves (sauf une) finit par s'incarner.
    L'invisibilité du poème, la question de l'invisibilité du poème et du reste sera développée ici-bas prochainement et dans tous les sens par moi-même c'est à dire par Alf-l'incarné.

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  37. « Il y a cette expression jolie : "petite mort". Quand il y a force, sensation, élan, explosion au travers du corps (au travers du corps de Alf, par exemple) : on a envie d'en parler, on a envie de faire quelque chose ou d'en faire quelque chose de cette explosion.»
    « Enfin bref si bientôt Alf doit aborder ce thème cela sera à partir de l'expression jolie "petite mort" »

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    1. Tu parles du thème de l'explosion, petit-Alf ? (peut-être, cette question t'es familière)

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  38. Alf parle de cette sensation de vide, de cette grande solitude. Cette sensation de se percevoir, de d'éprouver dans le presque noir sans issues.
    La seconde après la "petite mort".
    C'est la localisation de la petite mort.

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  39. « de s'éprouver dans le presque noir sans issues.»
    « de se prouver dans le presque noir sans issues.»
    « de se trouver dans le presque noir sans issues.»

    Mon Elly, petit-Alf ne cuisine que des mets simples à réaliser : le cabillaud avec la sauce curry de l'autre jour c'est Jolie-Maman qui l'a préparé : Alf n'a fait cuire que les vermicelles vietnamiens.

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  40. Il parait que rien n'est immuable (je ne sais jamais s'il faut mettre le "n'" ou le "ne" de la négation après rien ou personne). Il faut s'armer de patience. Peut-être un jour viendra, Alf n'éprouvera plus ni sensation de vide, ni grande solitude.

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  41. Il faut le mettre, Elly-sur-grammaire. Il faut mettre le "ne de négation" après "rien" et "personne". Il le faut.

    Aux heures d'amertume, j'imagine Elly et Alf dans le jardin persan. C'est déjà pas mal.
    Même pas mal.

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    1. Le jardin persan est fait pour Alf et Elly : tu savais que le jardin persan, c'est un peu comme le jardin d'Eden ou le paradis ?

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    2. C'est wikipédia qui le dit. Un lieu clos, pairi-daeza.

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    3. En attendant, Elly laisse Alf, seul dans le presque noir sans issues et part à la neige.

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    4. Elly n'était pas si loin finalement. Et Alf n'était pas si seul.

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  42. Alf dit à Elly : « Alf ne peut écrire qu'un pour un seul lecteur : Alf attendait Elly. En somme c'est Elly qui écrit ce qu'écrit Alf.»

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    1. Le narrateur corrige : Alf ne peut écrire que pour un seul lecteur.

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    2. Crois-tu que nous nous attendions, depuis tout ce temps ?

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    3. Je crois que nous nous sommes rencontrés parce que nous n'attendions rien : Elly n'attendait rien. Alf n'attendait rien. Elly a senti qu'Alf n'attendait rien. Alf a senti qu'Elly n'attendait rien.
      Tout s'est passé exactement comme dans les romans de nos aïeules : Elly et Elf étaient sur le quai d'une gare d'une ville où il n'y a pas gare.
      Elly et Alf se sont croisés. Peut-être il y a-t-il eu un sourire familier, un regard reconnaissant, je ne sais pas, enfin il s'est passé quelque chose.
      Elly et Alf n'attendaient rien et il s'est passé quelque chose.
      Ou bien il s'est passé quelque chose parce qu'Elly et Alf n'attendaient rien.

      Que s'est-il passé ?


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    4. Ce qui s'est passé ? Deux solitudes se sont rencontrées par delà le temps et l'espace.

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    5. Que peut-on faire de ça ?
      Sinon un roman.

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    6. Ou plutôt :
      Que peut-on faire de ca, sinon un roman ?

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    7. Je te laisse m'expliquer ton idée de roman plus en détails, si tu le veux bien ? Ce que tu entends par un roman.

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    8. E-mail

      Bonjour Florence,
      Alf voudrait savoir un petit peu afin de terminer son roman sans cesse médité ce que tu penses de l'histoire de Elly et Alf.

      Merci Florence et bon réveillon.

      Alf

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    9. Florence ne veut pas donner son avis sur ce roman mais, simplement, est parfois curieuse d'en connaître la suite...
      C'EST sûr en tout cas, qu'en tant que lecteur, on aimerait bien que tout ça s'incarne... Et se poursuive quelque peu dans la réalité. Ne sont-ce que des mots, tout cet échange, ou bien est-ce le début de quelque chose ?

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    10. Tout est inversé : le lecteur veut depuis toujours que les personnages fictifs s'incarnent. Une vrai Madame Bovary partirai avec Alf : je saurais l'aimer moi, mieux que l'affreux Rodolphe, en tout cas.
      Nous, Florence, Elly et moi, Alf c'est l'inverse. Nous existons trop : être presque fictif est une consolation, un soulagement, un désir, un soupir.

      Bon réveillon Florence et merci pour votre réponse.

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    11. « Ne sont-ce pas que des mots, tout cet échange ?»

      La question que se pose le lecteur est vertigineuse.

      Elly et Alf se désincarnent ici, Florence.

      Elly et Alf, dans le rectangle blanc de
      l'espace commentaire ne sont, en effet, que des mots : comment pourrait-il en être autrement ?

      « N'être que des mots» c'est déjà ça, c'est déjà pas mal. « N'être que des mots » c'est être encore un peu quelque chose.

      Elly et Alf, ici, ne sont que des mots : c'est extrêmement ténu, c'est bien peu.

      Mais là-bas est-ce réellement mieux ?

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    12. « N'est-ce pas que des mots, cet échange ?» demande le lecteur.

      Madame Bovary, n'est-ce pas que des mots ? Madame Bovary n'est-elle pas que des mots ?

      Le lecteur désire tant qu'Elly et Alf poursuivre leur histoire dans la réalité.

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    13. « N'est-ce pas que des mots, tout cet échange ?»
      Là, ça sonne, comme il faut.

      Alf est un personnage presque fictif, en fuite.

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    14. Bien sûr, ce ne sont que des mots. Les mots font les sujets parlants, les fondent et les font, les marquent aussi. Les mots s'éprouvent. Les individus s'incarnent à travers leur parole.
      Qui n'est pas fictif ? Qui n'est pas un corps fictionnel, fabulateur ?

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    15. Elly souhaite une très heureuse fuite à Alf. Pour toujours (for ever).
      En ce premier jour qui ne veut rien dire.

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    16. Fuir là-bas, fuir. Au pays qui te ressemble.

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    17. Elly n'a pas de pays. Aucun pays ne lui ressemble.
      Toi tu fuis, moi je suis en exil.

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    18. Alf pourrait tout de même fuir vers ce lieu perdu, ce non-lieu (atopos) qui me ressemble.

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    19. Aller là-bas vivre ensemble c'est peut-être s'attarder ici, dans ce tout petit espace commentaire, et faire du mieux possible en y déposant quelques phrases jolies.

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  43. Écrire un poème à une date bien précise et bien des années plus tard, offrir le poème à soi-même, en le postant sur son blog, à une date bien précise, n'est pas un événement sans importance dans l'histoire de la littérature c'est à dire dans l'histoire de tout l'univers.

    Qui plus est quand le poème s'appelle « Les lettres d'amour » et que celui qui écrit le poème écrit un monologue ou songe à écrire son monologue ou a commencé à écrire son monologue ou est sur le point d'écrire le monologue. Un monologue rempli de voix, bien sûr. De toutes les voix des grands absents, aussi. Mais un monologue tout de même. Et à la fin du monologue ininterrompu, n'est-ce pas, il n'y a que la voix de celui qui écrit.

    Que la voix de celui qui écrit.

    Les doigts de Alf caressent « Les lettres d'amour » d'Elly, s'attardent sur les deux ou trois mots extrêmement et dans tous les sens, un peu plus sensibles que les autres : ici ou bien encore, là, par exemple.
    Les mots d'Elly émettent alors des petits sons, une musique que tout le corps d'Alf ressent : et tous les sons d'Elly incarnent Alf.

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    1. Je me suis mal exprimée. Je m'offre ce poème en 2010. En 2017, à noël, je le partage avec Alf.

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    2. Je ne te l'avais pas dit, alors je te le dis ce soir.
      La fin en italique, c'est un joli et tendre moment.

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  44. Quoiqu'il en soit la mise en abyme est parfaite (une fois encore).
    De toute façon ce qui compte c'est la fin, en italique.

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    1. tu as raison. Tu évoquais les Fragments d'un discours amoureux et la veille, je lisais un article sur la correspondance amoureuse. Ce petit poème est remonté à la surface.

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  45. Qui suis-je pour ne pas retenir, ne serait-ce qu'une partie ténue, des phrases et des idées qui s'écoulent de la surface de ma tête ?

    Pourquoi, devrais-je : effacer, détruire, éliminer : mes phrases et mes idées, débordantes.

    Qui suis-je donc pour porter un jugement sur elles et décider de leur non-existence ?

    Parce qu'elles n'arrivent pas dans ma tête par le chemin habituel de la raison et de la conscience : devrais-je les détruire ?

    Non.

    Ces phrases-là, vois-tu, viennent d'un endroit neuf, d'un endroit non souillé : laissons-leur vivre leur vie étrange.

    Ces phrases remontent d'un endroit joli : accueillons-les un peu, comme on accueille un vénérable.

    C'est parce qu'Elly et qu'Alf écrivent du même endroit que leurs phrases se ressemblent. C'est pour ça qu'ils s'envoient des messages : Elly et Alf se reconnaissent.



    Elly, cette fleur cernée de rouge qui éclôt quand vient l'hiver : cette fleur des sorcières : vous la voyez n'est-ce pas, là-bas.
    Je reprendrais bien un peu de sa sève putride.

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    1. Alfonso, je me réveille et te reconnais bien, là, dans le matin.
      Fais attention, c'est une fleur toxique, peut-être même mortelle.

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  46. C'est bien pour ça : j'en veux tout de suite à la place de cet horrible café.

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    1. Il n'est pas bon ton café ?

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    2. Ton café qui te tient chaud dans ta chambre froide.

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  47. « Les préparatifs extrêmement liants» : c'est Alf qui s'en occupe.

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    1. Oui mais tu m'en parles un peu avant, tu ne prends pas des décisions comme ça, sur un coup de tête. D'accord Alf ?

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  48. Hier soir, en rendant visite à K.role, en lisant son titre, me vint l'irrépressible envie de revoir le film A streetcar named desire. Quel film ! Malheureusement, je me suis endormie. Ce soir, je le re-regarde.

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  49. Réponses
    1. J'y vais, je vais voir la fin (que je connais déjà, hélas) de mon film.
      Belle nuit Alf,

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  50. Chère Elly, vous êtes mon bruit de fond.
    Vous êtes mon roman sans cesse médité.

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    1. Cher Alf, vous êtes ma lettre d'amour.

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  51. Alf observe : «Cet endroit n'est pas si mal. C'est vrai : il n'y a pas d'arbres ici : il n'y a que des mots. Mais tout de même c'est un endroit qu'Elly et Alf connaissent bien maintenant. Alors pourquoi pas là, plutôt que là-bas ?»

    Créons les paysages ! Inventons des personnages ! Accueillons les visiteurs !
    Un verre et une assiette pour l'égaré de passage.

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  52. « L'oreille de l'enfance» de Rem *, ce bruit de fond, ce livre à petit tirage qu'Elly reçoit par la poste : Alf observe ça. Alf déchiffre sans difficultés l'écriture d'Elly.
    Les mots d'Elly sur le papier jauni joli c'est un grand moment pour Alf.
    Le coin viride, en haut à gauche de la photo plongeante , aussi : Rem* voit les verts qui correspondent : Rem*, l'aventurier de l'espace-temps a certainement et dans tous les sens : l'oreille.
    Et nous, nous resterons sur terre.


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    1. Alors que la journée s'annonçait plutôt morose - Alf était si ésotérique avec son "Observe Elly comme mon réel est ésotérique", et ses jeux de mots - recevoir ce petit ouvrage qui ne suit pas les sentiers communs, cette oreille de l'enfance d'un vieux baroudeur anarchiste, hé bien c'était ma bouée pour remonter à la surface.

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  53. Il y a la trace de ton corps sur le lit-bateau : un dessin joli, des formes emmêlées.
    Le lit-bateau flotte sur terre et Alf respire affreusement Elly.

    Le bruit de fond de l'exil.

    L'odeur de l'exil.

    Ça sent quoi ici ?

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    1. L'odeur de l'exil, Alf, c'est très souvent la noyade en mer.

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    2. Le bruit de fond de l'exil, c'est le mal de mer, c'est la nausée.
      Je manque de me noyer, Alf, chaque jour.

      Le bruit de fond de l'exil est un oxymore, un silence assourdissant.

      Il y a toutes les âmes de tous les noyés qui crient leur silence.

      Le silence est affreusement violent.

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    3. Mon dieu, ce que je suis dépressive ce matin. Ce n'est pas 36 pieds sous terre, ce pourrait être 20000 lieux sous les mers.
      Le réel intérieur.

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    4. Ce matin : le monologue d'Elly dans toute se splendeur.

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    5. Je fais même une erreur de frappe. Et comme je suis vainement perfectionniste, je vais réécrire ma phrase précédente :

      Ce matin, le monologue d'Elly dans toute sa splendeur.

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    6. A bas le bruit
      Tout doux le bruissement
      Laissons vivre les silences.
      (Les silences mortels)

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    7. Au diable les mots !
      Un jour, je ferais comme Rimbaud, je n'écrirai plus.
      De toute façon, la mort a toujours une page d'avance.

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  54. Ténue-Elly-ténue,

    Mon Elly-ténue comment écrire sans mots ? Comment pourrais-je t'écrire avec autre chose que des mots ? Il y a bien des façons de se taire : il y a façon et façon de dire «chut».

    Aux heures de noyade, Alf regarde Elly tourner dans les petits tourbillons du fleuve à toute vitesse : Laisse toi emporter, c'est l'heure du tourbillon : ne va pas t'épuiser : laisse-toi avaler.

    Le petit tourbillon rend au sol : Elly.

    Alf a de la peine : bien sûr Alf a de la peine dans ces moments là : il les reconnaît ces heures : Alf a de la peine : Elly se noie, Elly voit Alf regarder Elly tourner.

    Alf sera toujours là (et aura toujours de la peine) aux heures qui viendront immanquablement : les heures du tourbillon d'Elly.

    « Alf, je t'en prie quitte la métaphore du tourbillon : elle est tellement réductrice. »

    Ma Elly-ténue, les mots sont vains et insuffisants : Alf aime bien faire avec ce qu'il a sous la main.

    J'écris Elly.

    C'est déjà pas mal. C'est même presque tout.

    Citation

    Rimbaud, c'est surtout ce silence qu'on ne peut oublier, et qui, quand on se mêle d'écrire soi-même, est là, obsédant. Il nous interdit même de nous taire car il l'a fait ça mieux que quiconque.




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  55. Regarde Alf, y'a quand même du soleil (c'était hier).

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    1. Elly marche dans le soleil et j'irai sous la terre.

      Il y a façon et façon de se tenir dans le désordre : «La double étrangeté de deux terres », par exemple : Elly poste au bon moment, un rapport parfait.

      Alf doute du soleil mais pas de l'amour d'Elly.

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    2. Un hasard de lecture de ce matin, Alf, et qui tombait bien. C'est un petit extrait qui me remet sur le chemin.

      Chut ! On pourrait nous entendre.

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  56. Alf se mêle, Alf se mêle d'écrire, Alf se mêle d'écrire soi-même, Alf se mêle d'écrire soi-même : Elly.

    Qu'est-ce que ça veut dire : « J'écris Elly» ?

    C'est le monologue d'Elly.

    Tout l'univers. Presque tout l'univers.

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  57. Oui on pourrait vous entendre.
    Pourquoi suis-je devenue témoin de cette histoire de grands scarabées légendaires
    Pourquoi cette histoire me fait souffrir. Même si elle est belle. Pourquoi ne vous rejoignez-vous pas sur la terre, et vous taire. Pourquoi ne partez-vous pas hors de portée du monde, pourquoi restez-vous les personnages fictifs de cette histoire ? Pourquoi restez-vous les personnages fictifs sur cette machine ?

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    1. K.role, tu es là !
      Pourquoi, pourquoi ? On écrit mais on ne dit pas tout. Il y a du non dit, du non écrit, du dire qui s'écrit mal, du à dire qui a du mal à s'écrire, peut-être.

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    2. Peut-être aussi que cette histoire d'amour presque fictive est trop jouissive pour la laisser s'abîmer dans la réalité.

      Mais qu'en pense Alf ? Alf qui n'aime pas les questions, qui ne pose presque jamais de questions, et qui ne répond pas toujours aux questions.

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    3. Je suis là, avec mes gros sabots et mes questions qui vont faire fuir Alf ! Désolée, je suis comme je suis. Je suis du plancher des vaches. :)

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  58. Bonjour Florence,
    Je trouve votre question de l'autre jour : «Pourquoi ce texte maintenant ?» très juste, très concrète : vous avez posé la question qu'il fallait au moment qu'il fallait : l'intervention du lecteur est toujours un grand moment.

    Flo, un peu étonnée, un peu déçue peut-être, s'adresse directement et dans tous les sens aux personnages, aux narrateurs, à "l'auteur principaux" et demande pourquoi Rencontre sans suite, le poème d'Elly, est posté à ce moment de l'histoire.

    RENCONTRE SANS SUITE

    La rencontre s'est arrêtée là
    en suspens, en pointillés
    en petits points de suspension
    dans un jardin persan qui existe et qui n'existe pas.

    depuis l'inattendu
    depuis l'inespéré
    à partir d'une incoïncidence
    par un jeu de hasards et de tremblements de terre

    en lignes de fuite
    en fuites qui se miroirent
    en des lieux-sur-exil
    en des temps fictifs

    quand l'écriture s'en mêle
    quand l'écriture s'égare
    quand l'écriture s'allume et puis s'éteint
    Dans l'heure indicible

    Et si les mots s'emmêlent les corps
    (les pinceaux colorés)

    il reste le noir
    le ridicule et le sublime
    deux solitudes
    sur la peau


    Carole, ton "plus rien à dire" de l'autre jour, je pense qu'il était directement et dans tous les sens adressé à Elly et Alf, je l'ai même dit à Elly :

    Alf
    « Plus rien à dire» le dernier post de Carole avec le fichier « Spleen » inséré : c'est le commentaire du poème de la rencontre écrit par le narrateur baudelairien.
Elly
J'ai vu. Mais pourquoi Carole a-t-elle posté ce "plus rien à dire" ?


    D'une certaine façon, Elly et moi, nous t'attendions Carole.

    Le moment est passé. Elly et Alf se reconnaîtront-ils encore dans l'heure indicible ?
    Alf se heurtera encore à la cafetière. Elly, encore, sera là.


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    1. La suite de Alf :

      Et quand les mots s'en mêlent,
      trébuchent et ratent

      Seul reste le noir,
      le ridicule et le sublime
      pour enfin, y mettre sa peau.

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    2. La réécriture des deux dernières strophes d'Elly : Alf réécrit les deux dernières strophes d'Elly.

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  59. Ce poème de la rencontre sans suite ne dit pas la fin d'une rencontre. Il dit une rencontre qui perdure, avec des points de suspension. La rencontre n'est pas finie, peut-être même qu'elle ne fait que commencer. Mais pour le moment, il est sans doute trop tôt pour que la rencontre s'incarne dans le réel. C'est en ce sens qu'elle est sans suite.

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    1. Peut-être que "Une rencontre sans fin" aurait été un titre plus adéquat.

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    2. Une rencontre sans fin, c'est une façon de dire "une rencontre éternelle".

      (Alf, tu pourrais me prévenir quand tu quittes la scène, histoire que je ne poireaute pas pendant des heures sous la pluie)

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  60. Alf ne le fait pas exprès Elly : le battement de paupière est un peu plus long que les autres. Les paupières s'abaissent sur une phrase. Et la phrase d'Elly se transforme en couleurs : c'est le moment du grand endormissement.
    Comment pourrais-je sentir arriver ce moment Elly-in-the-rain ?
    Si Alf sent arriver ce moment : le moment n'est plus là : et Alf ne s'endort pas.

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  61. « De l'art de s'étioler avec autrui à la bonne franquette» c'est le titre d'un chapitre du traité sur l'étiolement du Docteur S.
    C'est aussi ce qu' Alf aurait pu dire à sa presque fiancée hier après-midi quand l'Adorable lui proposa de partager son bain.

    Et d'une certaine façon c'est ce qui arriva.

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  62. "Plus rien à dire" ? C'était pour moi seule ! En revanche Baudelaire était un écho oui ! parce que le film dont je suis amoureuse contient tout (peut-on être amoureuse d'un film ?)
    Je ne vous ai pas cherché : il y avait un accès depuis les coulisses de mon blog vers votre dialogue qui m'inspirerait ceci (si je savais écrire):

    "Vous réduisez à des images
    Mon corps plus vif que sève et feu
    Il perd pour vous l'éclat charnel
    Vous le rangez dans l'irréel"
    (Jeanine Mitaud)

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    1. Peut-on être amoureuse d'un film ? Moi, par ex, j'étais amoureuse du Peau d'âne de Jean Cocteau quand j'étais petite :-)

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    2. Peau d’Âne de Jacques Demy ou La Belle et la Bête de Jean Cocteau ?

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  63. Elle n'est là que pour susciter un désir
    comme un rêve de pierre
    Un amour éternel et muet ainsi que la matière.

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    1. Carole, tu es incroyable (cette fatalité de destruction, création, re-destruction,etc.) Il est évidemment possible de tomber amoureux d'un film, d'un livre. Alors pourquoi pas dans une rencontre presque fictive.

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    2. En même temps, il n'y a pas de création sans dé(con)struction, et ainsi de suite.

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  64. Un film ne risque pas de souffrir de mon amour imparfait.

    Je prétends que la nébuleuse Elly et Alf est organiquement viable... sinon à rester au niveau d' un jeu sans enjeu et sans "je"

    Depuis sa création, le personnage attend le moment d'entrer dans la peau de la personne.


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