jeudi 26 novembre 2015

Quand dieu est amour...

Quand je lis des énoncés du genre "la religion est amour", avec parfois emphase typographique du style "la religion est AMOUR" ou mieux, "DIEU est AMOUR" (à peine exagéré), je me demande si les personnes qui profèrent de telles paroles savent ce que ces termes signifient...
Évidemment, pourraient-elles se risquer à vous rétorquer, de façon présomptueuse et sans l'ombre d'un doute, qu'elles n'ignorent rien de ce que ces mots veulent dire. Avec mauvaise foi.
Voyant que de telles phrases pullulent dans l'air du temps, j'ai pensé qu'il était nécessaire de rappeler à ma progéniture de ne jamais, au grand jamais, croire sur parole ces soi-disant vérités. 
Je me demande également si l'on pourrait envisager la construction de centres de déradicalisation pour ces dangereuses personnes potentiellement terroristes. 



6 commentaires:

  1. Je ne comprends pas.
    Les mots ne sont pas des coquilles vides. Tout dépend du sens que prend le mot intimement, pour une personne. D'ailleurs je ne crois pas que les terroristes croient en Dieu, ni qu'il pense un seul instant au sens du mot Amour... De la même manière, nos républicains ne croient pas vraiment à la liberté, ni à l'égalité, ni à la fraternité. Il suffit de voir les actes pour comprendre comment les mots font sens dans les esprits. si les mots sont dévoyés peut-être faut-il en trouver d'autres... Mais il n'y en a pas d'autres.... Les mots sont des souffles qui nous animent à condition de les comprendre intimement, à condition de les passer au filtre de la chair, de les passer au tamis des contradictions et de leur faire rendre leur jus ....
    Petit coup de sang du soir ; espoir :)
    Amicalement

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    1. Les mots sont plein de sens que l'histoire leur donne, plein de représentations, des petits mythes condensés sujets à interprétation, des paysages sémantiques qui, de plus, varient selon les contextes. Ce qui me parait donc problématique, c'est cette tendance (qu'ont certains croyants) à clamer de telles assertions aujourd'hui, sans distance critique ; et l'adhésion sans faille à ces paroles, ou à d'autres (...), qui sonnent comme des injonctions tyranniques, prosélytiques, limitant la pensée. Je les perçois comme des stéréotypes langagiers... dangereux.
      D'autant plus que si l'on cherche à les "définir" vraiment, c'est à dire à en explorer les multiples sens, on se rend compte de l'ampleur quasi impossible de la tâche. Sachant en plus qu'une définition arrêtée est toujours consensuelle.
      Et si l'on pense à ce mot "amour", en effet, il est sans doute plus agréable de le "passer au filtre de la chair", comme tu dis, que de l'assimiler à un concept des plus abstraits... Vivons le dans notre chair et dans notre âme, avec ce qu'il comporte de joies et de douleurs, avec toute l'incertitude qui l'entoure ! Non ? :-)

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  2. oui ! c'est bien dit :)
    Mais ça me fait mal que l'on assimile tous les croyants à des lâches, des imbéciles, et des criminels en puissance ! Ne devenons pas des athées fanatiques non plus. J'ai connu de ces personnes croyantes qui soulevaient des montagnes, sans jamais chercher à convaincre les autres (leur foi ne regarde qu'elles), sans jamais renoncé à leur esprit critique ; des personnes ouvertes, à l'écoute et véritablement aimantes (oui !) même si c'est un gros mots, il faut bien le dire.
    bonne journée
    Carole

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    1. Je trouve que de se proclamer "athée" ou de dire que "Dieu n'existe pas" est tout aussi vide que de clamer "Dieu est amour". Nous n'avons aucune certitude et les dieux sont des inventions humaines, existent en tout cas dans les diverses mythologies du monde... Si ma mémoire est bonne, même Hubert Reeves dans son très beau et très intéressant livre, L'univers expliqué à mes petits enfants, ne se prononce pas sur l'existence d'un dieu, ou d'un créateur, ou de que sais-je de transcendant. Car il n'empêche, l'univers, tel que nous le connaissons, est régi par des forces que l'on n'explique pas, et qui sans elles, ne serait advenu.
      Nous n'aurons sans doute jamais de réponses au mystère de la vie et de la mort.
      Croire ou ne pas croire ? Nous avons tous nos petites croyances, du moment qu'on ne cherche pas à les imposer comme vérité et mon petit billet est plutôt critique de ce point de vue là. Le danger vient de là, et je parle de "certains" croyants, je ne généralise pas. J'observais aussi comment l'on peut répéter, parfois, sans même réfléchir à nos paroles, tant de phrases toutes faites, ou clichés, tant de prêt-à-penser, qui nous donnent l'illusion de posséder un savoir, qui n'en est pas un...
      Bonne journée Carole :-)

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  3. Hier soir au palais des beaux arts de Lille une belle conférence avec André Comte Sponville...
    A un moment donné il fut questionné la possibilité d'une spiritualité athée... Juste devant moi une bigote s'en est émue, s'énervant toute seule sur son strapontin ; parlant haut : "mais non, c'était impossible ! ACS dit n'importe quoi !"... Sa voisine a eu toute les peine de la faire taire...

    C'était juste pour l’anecdote (Mais j'ai remarqué que nombre de croyants pensaient avoir le monopole en la matière - Et j'aime à rappeler cette étude récente montrant un altruisme plus affirmé chez les enfants d'athées que chez les croyants :)

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2015/11/05/les-enfants-d-athees-sont-plus-altruistes-que-ceux-eleves-dans-une-famille-religieuse_4804217_1650684.html

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    1. Merci pour le lien, article très intéressant ! :-)

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