lundi 7 décembre 2015

Laisse vaguer

Une grande fatigue me saisit de nouveau
la fatigue d'une fin de saison
d'une faim d'automne
les deuils qui me traversent 
                            sont comme les feuilles échouées des arbres
Une lente décadanse
sous un soleil et un ciel complices 
refroidis
dans la lumière qui s'étiole à l'intérieur
      et où la douceur s'enténèbre
             "Voici venir le temps des pensées en cavale"
  emportées par un vent tempétueux

Laisse vaguer, me dit-elle
pas de quoi poursuivre un raisonnement
A quoi sert-il de lutter contre la dispersion de soi ?

Je me dériverais bien comme ces feuilles flétries de l'automne
infiniment, en mille couleurs chaudes, assagies
j'accepterais bien de revêtir son visage
                  comme toujours
le visage indéfini
d'une enfance à la recherche d'un parce que perdu
de ces âges qui se succèdent, cernés par le halo désillusions
et de cette vieillesse repue de non-savoir



3 commentaires:

  1. Que c'est beau et que c'est doux en même temps ce que tu écris là. Une lente décadanse sous un soleil et un ciel complices... j'aime ce passage, je te comprends. Moi aussi je me sens parfois un peu fatiguée ces temps-ci. Impression d'avoir fait le tour de ce qu'il y a à voir. Je trouve que la saison d'automne et aussi celle de l'hiver sont des saisons qui favorisent la mélancolie, la dépression, la tristesse ou la fatigue !

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    1. Merci Florence. Tu me comprends bien... en effet, j'ai aussi cette impression d'avoir fait le tour. Et bien nase en ce moment. Suis contente que tu aimes ce fragment :-)

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  2. Chère Elly,

    Voici un texte très émouvant. Je crois que la fatigue et la lucidité entretiennent parfois une étroite connivence. Peut-être chère Elly, est-ce un temps nécessaire pour se réinventer. Un trop plein de vide qui va se disséminer pour capter de nouveaux grains de parfums déposés çà et là sur une peau nouvellement respirante d’un ailleurs inespéré mais encore à venir.

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