samedi 20 février 2016

Ombres au tableau




 




Les murs ont comme un air de fosse éternité
pour ombres décharnées, des ombres suspendues
sur le zoom d'un instant, vérités mises à nues
aux heures effacées, aussitôt oubliées

elles empreintent des murs en errance immobile
elles s'inventent des riens et c'est déjà beaucoup
des nuances de gris aux vieux roses tout doux
comme une ombre au tableau, un mirage fragile

le miracle d'un temps, le temps d'une illusion
les fait sortir de l'ombre à la lumière folle
et font leur cinéma, deviennent des idoles
et sans l'ombre d'un doute elles jouent la confusion




vendredi 19 février 2016

Heaven and alchemy




Un vieux truc légèrement modifié...

Le mouron des oiseaux


Les oiseaux se font du mouron
le marchand d'étoiles n'est plus
il faut se faire une raison
le marchand d'étoiles s'est tu

« Nous n'irons plus glaner
dans les champs la stellaire
le mouron des oiseaux
ne fleurit pas au ciel »

Aux cieux le marchand de mouron
s'en est allé avec sa hotte
il faut se faire une raison
il n'y a plus d'étoile en botte

« Nous n'irons plus glaner
les étoiles de terre
le mouron des oiseaux
ne fleurit pas au ciel »

Les oiseaux se font du mouron
le marchand ne court plus les rues
il faut se faire une raison
les oiseaux ne chanteront plus

lundi 15 février 2016

Un dimanche sur la terre

Ce matin là, j'éprouvai le besoin de marcher en solitude, j'avais envie de sentir l'air frais et vivifiant sur mon visage, il me semblait qu'une marche ne pouvait que me faire du bien, que le mouvement allait dé(ver)rouiller le corps, tout autant que ces séances de taï chi que j'essaie de suivre assidûment. Ce n'est pas sans "me faire violence" d'une certaine manière. Il faut parfois se faire violence, se forcer de dépasser des habitudes rigidifiantes, de dépasser l'immobilisme, l'inertie. Si certaines personnes bougent sans cesse, à l'excès même, pour ma part, j'ai plutôt tendance à la passivité, aussi bien corporelle que mentale. C'est d'ailleurs sans doute pour cela que les pensées finissent par tendre vers un ressassement, vers des ruminations, comme un disque rayé qui ne délivre plus qu'un fragment de mélodie, répétitif et incessant, jusqu'à plantage de la machine, une machine qui peut-être aussi par lassitude, et parce qu'il arrive un moment où l'énergie vient à manquer et que le mécanisme se dérègle, fait turn off, ou game over, ou encore burn out, puis cut off de la société, du monde... 
Il faut alors dénouer, huiler le mécanisme, conserver la fluidité, travailler la souplesse, éviter les blocages ; il faut que ça glisse, que ça circule, que le corps se meuve pour que les pensées en fassent de même, sans heurt. Et avec lenteur de préférence, comme les mouvements du taï chi chuan, style yang.  C'est ce que la pratique me fait sentir actuellement, en plus de prendre conscience et de désapprendre, en douceur, des postures trop "incorporées" en soi : comme le fait de me tenir droite (j'entends encore ma mère me répéter "tiens toi droite !), or il me faut apprendre à arrondir parfois le dos (arrondir les angles) pour effectuer certains mouvements. Le taï chi est tout en rondeur, en mouvements subtils, en cercles, en équilibre, en coordination : entre yin et yang, ouverture et fermeture. Et l'intention qui précède le mouvement. Et la mémoire du corps. Pour arriver au fil des ans à une forme de méditation dans le mouvement.



Ma balade m'apporta une certaine sérénité, un certain bien être. Marcher à travers champs m'ouvrait l'appétit, j'observais les nombreuses plantes sauvages qui se déployaient sous mes pieds et me disais que je pourrais m'organiser une petite cueillette, puis concocter une salade composée : feuilles et fleurs de pâquerettes, rosettes des bourses à pasteur, cardamines et divers crépis (dont le crépis fétide à l'odeur et saveur si particulières), pissenlits, oseilles sauvages, plantains lancéolés... Le plantain, dit aussi l'herbe des baroudeurs, s'épanouit en ce moment et déjà ses hampes florales si singulières se dressent, prêtes à fleurir. Aux abords d'une petite route, je rencontrai deux orchidées qui débutaient tout juste leur floraison. Ah ! Ces merveilles de la nature ! Au sol comme aux cieux.
Le temps était doux, les rayons du soleil chauffaient agréablement et le ciel était plein de nuages.
Contemplant la mouvance presque imperceptible de ces monstres de coton, me vint alors une pensée aux allures d'évidence : comment n'y avais-je songé plus tôt ?
Nos pensées sont des nuages vaporeux et évaporés d'une terre et de ses flux.
Doucement prennent-ils corps, impalpables et changeants, corps impermanents, tour à tour légers, fuyants, lourds, gris, pesants, blancs, rosissants ou rougeoyants, pâles, évanescents...
Ils s'élèvent, apparaissent, déambulent, se chamboulent, puis s'évanouissent.
... De quoi écrire tout un poème.




Mais assez de nuages...
Je suis une amoureuse de Siouxsie Sioux, et j'aime régulièrement ré-écouter ses chansons qui ont fait vibrer, trembler, mon adolescence... En navigant sur you tube, je découvre un de ses derniers titres, et sa voix, simplement superbe. Je suis transportée, comme sur un nuage.
"Ce qui ne nous tue pas" sonne ici comme un air de réconfort, une consolation.



If it doesn't kill you


dimanche 14 février 2016

Dis moi combien


 Dis moi, nuages, tu me parais bien aigris ?


 Aurais-tu fait un bad trip ? Relax.


 Dis moi, combien de rêveurs as-tu happés dans tes songes ?


 Nuages assassins, divins meurtriers


Ah ! mourir là où tout n'est que lenteur, douceur, et nostalgie...



Celle des années 80, tiens :






vendredi 5 février 2016

Après la fin

J'ai souvent pensé que la vie était plus douce dans un film, dans un livre, dans une histoire en somme dont on connait la fin. Et surtout quand la fin rime avec bien... Pas forcément une fin en forme de conte de fée, mais une fin du genre Le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Je pense que cette fin là pourrait me convenir. Une fin complètement magique, irréaliste ; une fin qui ne serait qu'un commencement sans suite, qu'une rencontre et des perspectives, qu'un aperçu, une tendance, peut-être une promesse, voire un pur fantasme ; une fin livrée toute entière à l'imagination. On pourrait dire une fin qui n'existerait pas, une fin inexistante. 
La vie, celle qu'on dit vraie, réelle, ce n'est vraiment pas de chance, on n'en connaîtra jamais la fin.