dimanche 9 avril 2017

Nos métamorphoses

Il n'est rien d'autre que des abîmes
Des abîmes de sens
Les sens, nos précipices
les sens nous précipitent
vers ce que l'on croit
être plein de bon sens

mais à trop creuser les précipices
on déterre du non-sens

Il n'est rien d'autre que des gouffres en chacun
qui foutent les jetons
qui donnent le vertige

Il faudrait construire des ponts
il faudrait relier
et éviter de plonger
surtout sans réfléchir
dans un vide insensé

Parfois, on écrit pour prendre la mesure de nos métamorphoses blêmes
 au bord du gouffre

Et si ça ne veut rien dire, alors

Tant pis

ou tant mieux

10 commentaires:

  1. Une métamorphose me semble toujours être l'expression des pensées profondes, de nos sentiments inavoués -inavouables - de nos ressentis des abimes mais aussi des cimes qui nous cernent, de nos compréhensions et incompréhensions...

    L'écriture peut permettre au gouffre dans lequel cela peut nous plonger de s'éloigner, de se refermer sans dommage pour nos sens et notre vie.

    Elly, prend soin de toi. Bises

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    1. Merci Marie-Cécile.
      Bien à toi, Bises.

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  2. Chère Christine,

    En échange de ces beaux poèmes que tu "nous" écris, en voici un, issu du livre que je viens de terminer (Paysage d'hiver de Christine Jordis - livre que j'ai vraiment beaucoup aimé) et que je voudrais te faire partager ce soir : " Pour écouter le chant des oiseaux, j'ai manqué la méditation du soir, / Et me suis allongé sur l'herbe auprès d'un ruisseau de montagne. / Le plaisir dont on se souvient est lié au son d'une belle phrase. / L'esprit qui se réjouit rencontre un ami proche. /L'eau de la source parle dans la vallée aux rocs / Les pins lui font écho quand le vent se met à souffler. / J'ai bu une tasse de thé et contemplé le passage et l'immobilité / En silence, tout naturellement, il m'a semblé oublier le retour du temps. " Cho-ui
    Bisous
    Florence

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    1. Très chère Florence, Merci pour ce très beau poème. J'aimerais bien comme le poète m'allonger sur l'herbe auprès d'un ruisseau de montagne (une éternité que je ne me suis allongée sur l'herbe...), en fait j'aimerais faire tout pareil que dans le poème :-) et apprécier le "rien faire" tout en buvant du thé.
      A demain, bisous

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  3. Aaaaahhh ! Ne m'en parle pas !! :)
    ça creuse, ça creuse chez les fossoyeurs du sens !

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  4. Dans le cocon du poème, chrysalide deviendra papillon.

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  5. Le gouffre du sens a-t-il un fond? Aller au fond des choses peut devenir une ronde concentrique qui n'a rien d'enfantine et qui peut foutre, en effet, plutôt les jetons. J'aime bien l'image du pont, de la passerelle qui est toujours celle qui me vient à l'esprit pour décrire l'acte d'écrire.
    Je vous livre, dans ce message décousu, un petit passage que j'apprécie d'un livre de Marcel Conche "Montaigne ou la conscience heureuse"
    « Nous n’avons pas à regarder vers qui dispense. Ce serait indiscrétion de vouloir suspendre le geste du donneur. Baissons les yeux. Le soleil absolu d’où tout rayonne n’est pas pour être vu de nous. Contentons-nous du rayonnement sans prétendre scruter la source. La vraie façon de regarder vers Dieu est de regarder vers le monde et de l’accueillir comme un don…Le contentement à jouir enferme la véritable humilité (…). L’acte de jouissance est la véritable action de grâces s’il s’accompagne d’humilité et de reconnaissance. C’est l’acte religieux par excellence, acte de communion avec la puissance insondable, inscrutable, mais inlassablement généreuse qui est nature et source de nature. Il faut jouir religieusement, c’est-à-dire dans le respect de ce qui est joui, la ferveur, l’attention sérieuse, la conscience du mystère »
    Bien à vous, chère Elly

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    1. Ce message n'est pas décousu du tout. Merci à vous cher Stéphane, pour le double passage, le vôtre et celui de Marcel Conche.

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