vendredi 18 mars 2016

L'autre soir

après mon cours de taï chi, je décidai de rentrer à pied. Une envie soudaine de marcher dans la nuit et de profiter d'un silence seulement interrompu par quelques vents légers, quelques aboiements de chiens-gardiens de maisons. La civilisation semblait alors bien lointaine. Il n'était pas tard pourtant mais en cette saison, la population s'enferme vite au chaud. Seuls quelques rares lampadaires veillaient sur les chemins, j'avais ainsi tout le loisir d'admirer en solitude la belle obscurité et de plonger dans quelque mémoire nocturne.
Je repensais à mes jeunes années d'étudiante, quand je déambulais bien plus souvent qu'à présent dans les nuits d'une grande ville animée. C'était un plaisir de citadine. Je me souvenais de ces soirées passées en compagnie d'une camarade de comptoir, lorsque nous refaisions le monde avec d'autres piliers, notamment dans un bar qui avait pour nom Le Hasard. Ce n'était pas un hasard si nous passions ou finissions nos journées là-bas, plutôt que d'être de ces étudiants sérieux et disciplinés qui travaillaient pour garantir leur avenir professionnel... Si nous riions souvent, ivres de vins ou de folle insouciance, nous ne pensions pas alors aux galères que nous traverserions quelques années plus tard. Mais c'est ainsi, ne regrettons-pas ! nous disons-nous parfois. Au moins avons-nous ri !
Au moins pouvons-nous rire encore de nos déboires et de nos inadaptations sociales.
Au moins pouvons-nous nous vanter (modestement) d'une relative intelligence du cœur... Enfin, aimerions-nous le croire.




 Hier, j'écoutais Daniel Sibony. En voilà une tête.
C'est une façon de me remettre dans un travail de mémoire dont je n'arrive pas à en voir l'aboutissement. Une façon aussi de vous annoncer, passagers et passagères, mon retrait de la société mondaine du virtuel, pour un temps indéfini.



Sur la fatigue...
Mouais...


Et pour rire encore, sacré Sibony !


 Il s'agit de ne pas perdre sa vie en cherchant à la gagner...

8 commentaires:

  1. Au revoir Elly, et bonne route...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci K.role, mais je ne serai pas loin, à t'écouter...

      Supprimer
  2. Peut-on en savoir plus sur les raisons de ce retrait?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Disons que si j'étais raisonnable, je devrais me couper de toutes relations sociales quelques mois pour me consacrer sérieusement à (et terminer) la rédaction d'un mémoire de recherche commencé l'année dernière...

      Supprimer
  3. ou
    qui sait?
    Ne pas gagner sa vie en cherchant à la perdre

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Voilà, tu m'as embrouillée :-)
      Mais, peut-être qu'une vie ne se gagne jamais ?

      Supprimer
  4. Vous avez raison, chère Elly, de ne pas regretter vos soirées et années d'étudiantes telles que vous les décrivez. Si vous étiez restée scotchée à vos études comme un coquillage sur son rocher, quels souvenirs en auriez-vous? Bernique, peut-être?
    Je me souviens d'un professeur qui nous avait dit au début de l'année scolaire post bac :" Il faut vous imaginer comme des termites et creuser votre tunnel pour à la fin voir la lumière!" Je n'avais sans doute pas assez ou trop d'imagination et me suis plutôt métamorphosé en cigale pour rechercher à tire-d'aile des horizons plus dégagés.
    Je vous souhaite de mettre un terme à votre travail de mémoire dont je ne doute pas qu’il sera lumineux.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci sincèrement. Hélas, parfois, on essaie sans doute de se convaincre que l'on n'a aucun regret. C'est toujours très ambivalent, et à repenser au passé, on se dit tout de même que si c'était à refaire, peut-être aurions-nous fait différemment. Mais c'est ainsi, il n'y a plus qu'à revisiter le passé par la pensée et continuer son chemin, clopin-clopant...
      Je ne sais si ce mémoire sera lumineux, et ne sais si je vais pouvoir le terminer, à vrai dire. Qui vivra verra ! dit le proverbe.
      à bientôt

      Supprimer