lundi 18 avril 2016

Quand ?

« Ces beaux et grands navires, imperceptiblement balancés (dandinés) sur les eaux tranquilles, ces robustes navires, à l'air désœuvré et nostalgique, ne nous disent-ils pas dans une langue muette : Quand partons-nous pour le bonheur ? » 
 
Baudelaire, in Journaux Intimes – Mon cœur mis à nu, 1864.



jeudi 7 avril 2016

Dans l'entre les langues

C'est le propre des langages autoritaires et tyranniques que de vouloir imposer une langue commune, une langue "une", avec le fantasme que chacun se comprendrait parfaitement, une langue sans équivoque, une langue sans métaphore, comme une langue morte, simplement fonctionnelle, "communicative", informationnelle, stratégique, opérationnelle, efficace, performante, et binaire. Une langue, croit-on, qui collerait à la réalité. Une langue assujettissante, une langue qui coupe la parole.
Or, la première fonction, une fonction primordiale de la langue, c'est la possibilité d'être ressource pour des expressivités subjectives.  Ressource stylistique, créative : poétique. D'où la nécessité de prendre soin de cette ressource, de ne pas tarir la source de potentialités : évocatrices, suggestives, allusives, de la parole toujours ambivalente, référente, implicite, dialogique, ... et déterminée : paradoxale.
Dans l'entre-deux langues, il y a le jeu et l'enjeu des interprétations, des traductions, des ajustements.



Un bijou de musique et de poème

lundi 4 avril 2016

Un temps à écouter...



Creuse l'écart

Tu n'as pas d'autres alternatives, pour le moment. 
A chaque fois que tu refais un voyage vers tes origines, je sens qu'une humeur mélancolique t'enveloppe, en même temps qu'une grande joie, celle de goûter à nouveau les saveurs familières, d'entendre à nouveau les bruits du passé, de voir à nouveau ce qui ne se voit plus pareil, et de sentir encore ces arômes d'autrefois et de présent mêlés. 
Dans ce retour vers l'ici d'ailleurs, la pluie et le soleil se confondent, moussons et couleurs mitigées. Mais il faut revenir pour mieux quitter.
Il y a son ombre qui te suit, partout, et ses paroles qui se pensent en toi, qui refont surface, à l'intérieur. Tu l'oublies quelques temps, plus ou moins.
Puis, à chaque retour, n'y a-t-il pas une angoisse sourde qui te resurgit ? Une nostalgie, des souvenirs en peine ? Elle n'est pas tout à fait absente, tu le sais bien, et elle hante chacun de tes lieux.


Là-bas, l'amer n'est pas celle d'ici, c'est tout.