lundi 23 janvier 2017

La révolution d'un seul brin de paille

Il est des livres posés au chevet de ma pensée, tel celui de Manasobu Fukuoka, faussement en dormance, mais agissant silencieusement, sans manifestations criantes.
Il est étrange alors de constater le cheminement tâtonnant de la pensée. Elle m'apparait souvent comme une forme sans forme, comme une entité qui se meut en sourdine et qui parfois, fait parvenir à la conscience, comme sautant du coq à l'âne, dans un je ne sais quoi d'irrationnel, sans logique, mais sans doute de manière analogique, des associations libres, semble-t-il... (C'est dire un peu que la pensée n'est pas seulement affaire de conscience, mais qu'elle a quelque chose d'un inconnu évident, d'un processus inconscient.)
Ainsi, pensant ce lien indéfectible qui unit les êtres parlants au besoin de sens, à ce besoin de donner un sens à leur vie, comme on dit, ou à tout expliquer, croyant comprendre énormément de choses, il m'est resurgi ce bon vieux livre de l'aussi vieux cultivateur à la mode sauvage que fut Manasobu Fukuoka, celui qui prônait un non-agir en agriculture, une ré-alliance aussi entre agriculture et spiritualité, un humble retour à la terre, chacun avec son bout de terre pour (se) cultiver et (se) méditer, en simple compagnie, et peut-être en symbiose, qui sait ? avec la nature. Là où toute théorie deviendrait presque futile...
 Me revenait ce passage où il expliquait que les paysans du 20è siècle, devenus agriculteurs de grande surface, n'avaient plus guère le temps de chasser du gibier durant la saison froide, ou (pire encore) de composer des haïkus. La dimension poétique (ou spirituelle) ne nourrissait plus l'âme de celui qui cultivait la terre pour "produire" de la nourriture, à foison, comme il en était convenu désormais, des fois qu'il s'enrichisse.
Une perte pour un gain ? Ou une perte pour une perte ?

" Si l'on ne cherche plus à manger ce qui est agréable au goût, on peut goûter la vraie saveur de tout ce que l'on mange " M. Fukuoka 

3 commentaires:

  1. reportage très intéressant
    merci Elly
    et belle journée
    :-)

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  2. Un : je ne connais pas le monsieur.
    Deux : il m’inspire. S’il écrit comme il pense (avec le cœur), forcément, je suis preneur.
    Trois : je suis dans la permaculture, ce qui abonde dans son sens au sens large du terme.
    Quatre, inutile tant c’est évident : cet article s’adresse aux sens et je m’en réjouis !

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