mercredi 19 juillet 2017

De temps à autre

ton visage resurgit
et je suis comme ton ombre
pour une saison
un automne en plein été
on me dit un peu stupéfait
vous êtes ?
vous ressemblez ?
soudain je marche dans tes pas
à nouveau je te suis à la trace
je deviens ton sillage
mes rides, tes empreintes
ta voix et ton âme

il y a bien longtemps
que tu ne respires plus
et je ne suis plus jamais
l'enfant pendu à tes jupes
pleurnichant, m'accrochant à tes bras
te harassant à longueur de jour
à longueur de nuit
alors que tu avais déjà trop à penser
trop à faire

il y a bien longtemps
que ce monde a disparu
tu n'es plus la femme
tu n'es plus la mère
tu n'es plus la fille
encore moins une silhouette
dans un paysage d'eaux et de ciels
où les lacs d'occident effacent les rizières d'orient

ta mère aussi s'en est allée
peu de temps après lui

depuis que tu es partie
ton fils s'est laissé mourir
je ne suis plus sa grande soeur
il n'est plus le petit bonhomme aux joues à croquer
qui refusait de me tenir la main
lors des balades autour du lac
il a toujours refusé la main tendue
et il s'est perdu quand la lumière fut éteinte
quand la flamme s'est étiolée
lentement mais sûrement

comme je regrette
que vos cœurs ne vibrent plus

La vie n'est qu'une succession de paysages hantés.


2 commentaires:

  1. Il faudrait sans doute ne rien ajouter. Laisser votre poésie habiter le silence et vous tendre une main amie, à minuit, dans le jardin.
    A ce soir.

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    1. C'est en été qu' un jardin de minuit s'apprécie au mieux. Merci Stéphane, belle nuit.

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