vendredi 21 juillet 2017

on dirait que le temps est

Suite à une overdose sévère d'actualités, de discours catastrophistes, pessimistes, colériques, hargneux, etc. dans la même veine, j'ai failli en crever et j'ai ressenti le besoin impérieux de parler d'amour, avant qu'on ne la décapite (qui sait ?)... Hé oui, je suspecte une forte inclination romantique en ma mystérieuse personne. Et ceci est une maladie qui me poursuit depuis l'enfance. Que faire, sinon succomber à l'appel de l'amour ? Avant qu'il ne soit trop tard ? Car...


on dirait que le temps est encore en avance
alors que j'aimerais qu'il s'endorme un moment
je repousse la nuit je repense au bouleau
à son ombre fébrile à son souffle tremblant

l'automne est déjà là les ruisseaux alanguis
transportent les rameaux que le vent a cueillis
il est beau mon vieil arbre à la peau poivre et sel
son front se dégarnit et il se courbe un peu

mais j'aime pour toujours quand son ombre caresse
comme un souffle tiédi au bord d'un tombeau d'eau
je repousse la nuit je repense au bouleau
j'aimerais que le temps se fissure un instant

il est seul sur sa rive il est seul avec moi
tandis que se dessine une ride évasive
dans le creux de son dos qui frissonne à l'automne
l'automne est déjà là il annonce l'hiver

et je reprends la marche et je quitte à nouveau
sa force sa grandeur je m'éloigne à regret
ses feuilles continuent la lente décadanse
je me languis déjà de leur tonalité


3 commentaires:

  1. D'une bouteille vide à un songe creux, voici un délicieux texte, savouré en connaisseuse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Heureuse que tu aies trouvé le texte délicieux ! Belle journée Christine

      Supprimer
  2. "je repousse la nuit je repense au bouleau
    à son ombre fébrile à son souffle tremblant"
    c'est parfait... magnifique....
    Sinon bon courage pour la thèse...

    RépondreSupprimer