lundi 28 août 2017

A l'heure du médoc

L'autre soir, je rencontrais une dame très âgée, la quatre-vingtaine sans doute, bien maquillée, bien coiffée, propre sur elle, un chemisier orange vif, une montre et une canne, plutôt bourgeoise, un peu chiante, mais relativement sympathique quand même. Elle s'était assise à côté de ma table, à la terrasse d'un resto-glacier, et très vite et souriante, elle engagea la conversation. Je reviens juste du sud, de Toulon. Je n'ai plus de famille. J'ai des amis. Je suis venue m'installer par ici pour être près de ma maman. Ah, ma maman ! Je partage cette maison de famille, un héritage, avec ma cousine. Mes enfants sont ailleurs, dispersés. Mon mari est mort d'un accident. J'ai vécu deux deuils consécutifs et c'est à ce moment là que je me suis tassée de treize centimètres. Mademoiselle, vous pouvez nettoyer la table, avec ce vent, la poussière vole. Un demi s'il vous plait, et le plat du jour. Ah il n'y en a plus ? Alors une assiette de ravioles. Je n'aime pas le boeuf, il y en a beaucoup sur la carte. Et bla bla, et bla bla.
C'est l'heure de mon médoc, je me soigne.

Je me disais que peut-être un jour, je deviendrai comme elle...
Alors moi aussi, je prends mon Médoc...

Des fois, il est d'étranges synchronicités.

2 commentaires:

  1. excellent médicament... Et très belle histoire

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    1. Parfois un petit médoc pour se consoler et ralentir... :-)

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