jeudi 21 septembre 2017

Depuis le Dedans et le Dehors

« Écrire est toujours d’abord une manière de ne pas arriver à faire son deuil de la mort. Et je dis : il faut avoir été aimée par la mort, pour naître et passer à l’écriture. La condition à laquelle commencer à écrire devient nécessaire - (et) - possible : tout perdre, avoir une fois tout perdu. »

 H. Cixous, « La venue à l’écriture », p. 44, in La venue à l’écriture, par H. Cixous, M. Gagnon, A. Leclerc, Collection 10/18, série « Féminin futur »

La mort m'a arrêtée dans la lecture d'Hélène Cixous. 
Je n'avais plus le goût de rien, plus rien. 
Moins que rien. 
Le printemps et l'été étaient sans saveur. Beurk. 
Mais voilà venir l'automne et depuis le Dedans qui est plein de dehors (HC), je reprends le fil de l'histoire suspendue. Son père est mort, et presque tout a commencé. 

Hier je lis avec elle. Aujourd'hui j'écris avec elle. Demain je vis et meurs avec elle. Pour un temps indéfini. Un temps qu'on ne calcule pas. Il ne faut jamais calculer le temps. 





« Et moi j'ai reçu tout le soleil dans les eaux noires de mon coeur, mais je n'ai pas retenu le soleil. »

 H. Cixous, Dedans, (1969) Des Femmes, 1986, p. 141. 

2 commentaires:

  1. Oui c'est bien de pouvoir renouer le fil d'une lecture quand les événements nous noient, nous anesthésient, ou tout simplement nous empêchent... C'est comme une sorte de convalescence. Je vous souhaite un peu de clarté, en dépit du fait que l'automne nous emporte inéluctablement vers la grisaille

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    1. Mais la grisaille est jolie... Merci Kwarkito

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