dimanche 29 octobre 2017

Les couleurs de l'automne

Jean s'est envolé vers ailleurs. Alors que je le conduisais à l'aéroport, il me disait combien le trajet que nous faisions ensemble lui rappelait JF. Son fils le déposait aussi, à l'occasion, ces dernières années. J'écoutais Jean me raconter combien il aimait JF, combien son fils chéri lui manquait, et comme il n'était pas tranquille lorsque JF somnolait au volant. 
Une chance que ce ne fut pas Jean qui découvrit le corps de son fils, bleu, sans vie, l'écume aux lèvres.
Pendant que Jean évoquait ses regrets, je laissais mon regard errer entre les couleurs de l'automne. Mes pensées tentaient une évasion. Cela faisait bien longtemps que je n'avais traversé ces lieux à l'automne. Dans le tumulte des ans, je n'avais pas vu les automnes passer, par ici. Je n'avais pas vu comme les montagnes étaient belles quand elles revêtaient leurs couleurs chaudes. J'avais dû oublier, peut-être. Ou alors, j'ai été aveugle. 
Pendant que Jean me disait qu'il ne passait pas une journée sans penser à son fils, je remarquais que la grisaille magnifiait les couleurs de l'automne. Alors que le froid et le vide s'insinuaient dans mon esprit, je dus me rendre à l'évidence : il faisait un temps idéal pour broyer du noir.