vendredi 24 novembre 2017

Derrida etc

C'était sympa les émissions sur FC consacrées à la pensée de Derrida il y a quelques deux ou trois semaines. C'était pas mal. C'étaient des émissions didactiques, adressées à celles et à ceux qui ne pigent rien à Derrida, sans exclure celles et ceux qui comprennent tout. Pour ma part, ne pas comprendre ne me fait pas peur, ça ne me dérange en aucune manière. On a toute la vie pour essayer de comprendre quelque chose à quoi que ce soit. Pas besoin d'être pressé (par le savoir). Pas de quoi stresser sa cervelle (et son corps).
Il est vrai que JD est difficile à lire. J'use peut-être d'ailleurs d'un euphémisme. Son ouvrage, La dissémination, me glisse des yeux. J'avais envie de lire l'essai sur le pharmakon de Platon, mais je décroche au bout de quelques pages. Il y a un léger effet de brume (mais c'est peut-être parce que je manque de sommeil).
En tout cas, ce qui m'intéresse chez le philosophe, c'est la réflexion qu'il a menée sur l'écriture et le langage, ou les langues. Il a dit, entre autres : l'écriture me sauve... (moi aussi, j'aimerais bien que l'écriture me sauve, mais à en croire Hélène Cixous, une grande pote à JD, on ne peut pas être sauvé).
De Derrida, je retiens surtout son monolinguisme de l'autre (peut-être un de ces écrits les plus accessibles), avec ses idées phare répétées tout le long de l'essai : Une langue, ça n'appartient pas, ou Je n'ai qu'une langue et ce n'est pas la mienne. Il réfléchit à partir de là, et à partir de son expérience personnelle aussi, de son rapport intime aux langues côtoyées. La langue, les langues : une altérité intime, étrange et familière. Je pourrais essayer d'en dire plus sur le bouquin mais j'ai la flemme (et il faudrait d'abord que je le relise). Mais, pour les hommes curieuses et les femmes curieux, passagers clandestines et passagères clandestins, il est possible de perdre son temps en lisant un stimulant compte-rendu chez Coli Masson (ici).


Je n'ai qu'unes paroles et ce n'est pas la miennes
Je n'ai qu'unes voix et ce n'est pas la miennes.


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