dimanche 14 janvier 2018

Un silence

 
Le silence a la couleur nue
D'un soleil blême et translucide
Journée de rien et mer livide
Où brume au ciel est confondue

Le silence a la voix du blanc
D'un matin très tôt, d'une mer
Immaculée d'un ciel d'hiver
Où l'horizon est un néant

Le blafard est tombé des nues
D'un intervalle dans le vide
Un opalin au teint humide
La mer dans le ciel s'est perdue

L'écume est blottie dans l'instant
Un interligne à l'encre austère
Le bruit s'est voilé dans l'hier
Plus rien ne sera comme avant


(2011) 

12 commentaires:

  1. Les absents sont là puisse que nous pensons à eux.
    Ne pourrait-on pas dire que leur absence les remplace : et que nous devons faire avec ça, avancer avec ça.
    Vous avez écrit un poème sur l'absence sans avoir utilisé le mot « absence» et pourtant elle est bien là. Non ?

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    1. Les absents sont toujours là, oui. On pourrait même dire qu'ils sont toujours présents : c'est leur absence insoutenable qui les rendent vivement présents.
      Le mot Absence était présent originairement, ici, mais je l'ai finalement mis sous Silence. Une idée, comme ça, qui est arrivée ce matin.
      Merci pour votre visite, Olivier.

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    2. Nous aussi bientôt, nous serons des absents. Pour qui serons-nous insoutenablement absents ? Qui allons-nous faire souffrir ?

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    3. Un jour ou l'autre, tout le monde s'absente. C'est toujours pour ceux qui restent que c'est le plus dur.

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  2. Le silence nous parle.
    Haïku breton

    :-)

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  3. Comme le silence est bavard !
    Belle soirée JJ.

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  4. Si le coeur vous en dit, vous pouvez écouter ce très beau texte de Luc Bérimont sur l'absence, extrait de Stances, mis en musique et interprété par une très belle voix.
    https://youtu.be/nzvPYt1cnpI
    Bien à vous

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    1. Le coeur m'en dit avec grand plaisir, Catherine.
      Quelle belle voix ! Quel beau texte !
      Merci.

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    2. À propos de silence, Catherine, pensez-vous qu'une rencontre comme celle entre Francesca et Robert Kincaid est possible dans l'espace commentaire d'un blog et accessoirement dans une heure indicible première du matin ?

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    3. Bien sûr Alf, de telles rencontres se sont déjà probablement produites. Même petit geste sur le col de la chemise, sur le doux d'un commentaire qui s'encastre parfaitement. Même émerveillement. Même sentiment de puzzle à deux pièces enfin terminé et ouvrant sur la beauté du monde. Même poème, même petit connecteur logique. Francesca et Robert Kincaid veillent sur les rêveurs, les amoureux, les timides.

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  5. Et vous veillez sur nos blogs, Sainte Catherine, exactement comme Elle, dans BEAMS, de Paul Verlaine.

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    1. Ce passage, tellement adorable :
      "Mais nous voyant joyeux d'être ses préférés,
      Elle reprit sa route et portait haut la tête."

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