dimanche 1 avril 2018

Solitude et vacuité

J'étais là, sans être là. 
Jour de fête, jour anniversaire, journée de prières pour les morts. 
Tu as un an (et ce n'est pas un poisson d'avril). Tu manques. 
Je suis venue t'offrir des fleurs presque sauvages. Des fleurs de roquette cultivée, des fleurs fraîchement cueillies au champ, pas des fleurs prédécoupées de supermarché, mais des fleurs délicieusement comestibles, et de saison. Personne ne s'en doutait à la pagode. Ce sont pourtant des fleurs à croquer. A savourer comme ces racines de topinambour cuites à l'eau et qui ont régalé la vénérable adjointe, la sous-vénérable, les pieuses bonnes femmes, les vieux qui viennent manger à l'oeil et passer un bon moment à discuter de tout et de rien, les deux trois hommes hébergés à tout faire, ce jeune homme de vingt-six ans à qui je donnais dix-huit, sa mère heureuse qu'il ait repris vie après un coma de quarante jours, cette dame qui vient de perdre sa mère, etc.
Je suis venue parce que tu manques. Parce que c'est comme si il y avait un peu de toi, là. 
Je suis venue me plonger dans ton souvenir.
Et il y a toujours tes cendres.