mardi 25 septembre 2018

Monsieur Trinh et Madame Trinh (2)

A peine rentrée chez moi, je m'empresse, sans trop réfléchir, de mettre à l'écrit ce que Monsieur et Madame Trinh me racontent. Je ne veux pas oublier leur témoignage. 
Mme Trinh vient de se faire opérer de la cataracte, ses deux anesthésies générales à une semaine d'intervalle l'ont épuisée, elle évite la lumière et reste assise un peu en retrait dans un coin du salon, à l'ombre, mais elle est tellement heureuse de pouvoir discuter avec une jeune exilée. Vous êtes comme ma fille, me dit-elle. Ses quatre enfants vivent ailleurs. Elle a bien la visite de ses petits de temps à autre mais ils travaillent, ils sont occupés par leur quotidien. Elle ne les voit pas souvent. Ma compagnie est une distraction, l'occasion également pour M. et Mme Trinh de se souvenir. Ils me parlent en français, et parfois je dis quelques mots en vietnamien.
M. Trinh se rappelle les Tintin et autres BD que des petits français lui avait offerts quand il avait 5 ans. Il commençait alors à entrer dans la langue française. Peut-être est-il francophile ? C'est une question que je lui poserai la prochaine fois que je le verrai. Après cela, il a poursuivi toute sa scolarité dans la langue française, jusqu'à l'université de Hanoi. Il devint enseignant du second degré à 22 ans, puis plus tard, travailla pour l'école militaire de Da Lat, au sein de l'armée du sud.
La prochaine fois, il me montrera ses photos, ses diplômes et autres documents administratifs, des livres aussi. J'ai un peu hâte de voir tout ça.

3 commentaires:

  1. Je sens que là il y a un gisement d'histoire dont j'attends la suite avec impatience..

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  2. I think we all have tears in our eyes. I hope you will tell us more.

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    1. I agree with you, we all have tears in our eyes...
      I hope i could listen more.

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