samedi 26 décembre 2015

Sur la route

une chanson me revient
On melancholy hill





vendredi 18 décembre 2015

Il en manque un

Pour faire le portrait d'un arbre
il ne faut pas oublier
qu'il n'est jamais le même
qu'il ne se ressemble pas
et qu'il mène toujours vers un ciel singulier...




automne


hiver


Et peut-être que ce qu'il y a de plus beau à voir, à vivre, c'est le mouvement des saisons.

lundi 14 décembre 2015

Compartiment fumeur svp




Il ne faut point se hâter de remonter la pente
                 -  la pente descendante de l'existence -

non merci,
je préfère toujours rêver
et tant pis
Tant pis !
Si je reste décalée
       - si je n'habite guère ma présence en société -
déphasée au point d'en être
                                  déphrasée
            absente de ses mots, de ces mots de l'absence
                             des mots sans moi
                           sans moi, je vous prie

Parler comme un automate
            des saisons
qui passe son temps à faire
de la pluie et du beau temps
faire jusqu'à tuer son temps intérieur
si intérieur il y a
s'il y avait un intérieur où vivre




Mais on ne vit pas à l'intérieur
on rêve :
on se rend à la gare des arbres centenaires
on en prend un en marche, sur le quai du ruisseau
arbre à grande vitesse
et sa correspondance dans les cimes : un nuage avec compartiment spécial pour rêveur à demi-ensommeillé

compartiment fumeur svp



dimanche 13 décembre 2015

C'était un samedi soir sur la terre

Et quand on est désœuvrée, on peut toujours avaler un seresta qui trainait dans son sac, avant de s'évader en bonne compagnie (avec des camarades dans le même état d'esprit que nous) dans une salle obscure de cinéma, vivre une histoire compliquée d'un homme + une femme, une histoire d'attirance, une histoire d'infidélités, une histoire d'amour, avec ses petites touches de sourires, puis aussi ses larmes discrètes, de tristesse, d'émotion. On peut voyager loin, là-bas, en Inde, dans les rues bondées, bruyantes et poussiéreuses, en voiture ; ou en bateau sur le Gange, où il y a foule colorée en quête de purification.



S'évader, on en avait besoin.
Et Elsa Zylberstein était superbe... Elle nous a grave émues. Notamment quand elle s'est baignée dans le Gange, dans un geste désespéré, elle qui voulait croire en la magie du fleuve, ou de ses pensées, ou de son périple  vers Amma, la consolante.
On a aimé, et on a versé nos larmes, voilà.
Et puis ça a résonné beaucoup dans notre âme quand Elsa a dit vers la fin du film, avant de partir : "parce que la vie, c'est chiant"...
On n'avait pas besoin de cette petite phrase assassine. 
Mais c'était un beau film quand même, où les rêves se mêlaient terriblement au réel, où les réminiscences étaient des correspondances, où la légèreté côtoyait le spirituel. 
Pendant un temps, on avait presque oublié les dix milles affaires de la vie.

A part ça, qu'est-ce qui est si essen-ciel dans la vie ?


" Ah nuage un instant capturé
          tu nous délivres de notre exil "

F. Cheng (Le livre du Vide médian)

mercredi 9 décembre 2015

lundi 7 décembre 2015

Laisse vaguer

Une grande fatigue me saisit de nouveau
la fatigue d'une fin de saison
d'une faim d'automne
les deuils qui me traversent 
                            sont comme les feuilles échouées des arbres
Une lente décadanse
sous un soleil et un ciel complices 
refroidis
dans la lumière qui s'étiole à l'intérieur
      et où la douceur s'enténèbre
             "Voici venir le temps des pensées en cavale"
  emportées par un vent tempétueux

Laisse vaguer, me dit-elle
pas de quoi poursuivre un raisonnement
A quoi sert-il de lutter contre la dispersion de soi ?

Je me dériverais bien comme ces feuilles flétries de l'automne
infiniment, en mille couleurs chaudes, assagies
j'accepterais bien de revêtir son visage
                  comme toujours
le visage indéfini
d'une enfance à la recherche d'un parce que perdu
de ces âges qui se succèdent, cernés par le halo désillusions
et de cette vieillesse repue de non-savoir



samedi 5 décembre 2015

Une lettre de Wang Wei

à son ami poète Pei Ti

En cette fin du douzième mois, le temps demeure clair et agréable. J'eusse pu traverser la montagne pour venir te voir ; mais je me retins, te sachant profondément plongé dans les Classiques. Alors, je me dirigeai vers les collines et me rendis au temple de la Miséricorde. Après un repas frugal en compagnie des moines, je repartis. Au nord de la Source-Noire que je traversai, la lune en se levant éclairait tout le pays. Je montai sur la colline Hua-Tzu d'où je pouvais voir l'eau de la rivière Wang- ch'uan onduler au clair de lune. Quelques feux lointains scintillaient à travers les arbres de la forêt. Plus près, au fond des ruelles du village, l'aboiement des chiens résonna comme le hurlement du léopard. Le bruit des villageoises qui moulaient le riz alternait avec le son des cloches. A présent, tout est silencieux ; le jeune domestique est endormi. Assis seul, je me laisse envahir du souvenir de moments délicieux où nous nous promenions la main dans la main, sur les sentiers qui longeaient la rivière, en composant des poèmes. Que vienne le printemps qui fait s'épanouir les plantes sur la montagne ! Les poissons gracieux frétillent dans l'eau et les mouettes s'envolent à tire-d'aile ; les faisans chantent à l'aube au milieu des champs d’émeraude, encore tout brillants de rosée ! Ah, ce temps n'est plus loin ; tu viendras avec moi jouir de ce paysage, n'est-ce pas ? Toi, esprit si élevé, si subtil, tu en saisis la beauté mystérieuse : sinon, je n'aurais osé t'ennuyer avec une invitation aussi futile. Je profite du passage d'un transporteur de bois pour t'apporter ce message.

L'ermite de la montagne
Wang Wei

(cité par François Cheng, in Vide et Plein)


mercredi 2 décembre 2015

Petit pavillon aux bambous

Seul assis parmi les fins bambous,
Je joue du luth et je chante sans arrêt.
Au milieu de la forêt profonde
Je suis ignoré de tous.
La clarté lunaire apparait,
Elle et moi échangeons nos lumières.

Wang Wei
(701 - 761)

jeudi 26 novembre 2015

Quand dieu est amour...

Quand je lis des énoncés du genre "la religion est amour", avec parfois emphase typographique du style "la religion est AMOUR" ou mieux, "DIEU est AMOUR" (à peine exagéré), je me demande si les personnes qui profèrent de telles paroles savent ce que ces termes signifient...
Évidemment, pourraient-elles se risquer à vous rétorquer, de façon présomptueuse et sans l'ombre d'un doute, qu'elles n'ignorent rien de ce que ces mots veulent dire. Avec mauvaise foi.
Voyant que de telles phrases pullulent dans l'air du temps, j'ai pensé qu'il était nécessaire de rappeler à ma progéniture de ne jamais, au grand jamais, croire sur parole ces soi-disant vérités. 
Je me demande également si l'on pourrait envisager la construction de centres de déradicalisation pour ces dangereuses personnes potentiellement terroristes. 



dimanche 22 novembre 2015

Un portrait de (mauvaise) lectrice

C'est en juin dernier que j'ai pu découvrir sur le blog de Mina, Bavardages et futilités, son billet intitulé "un portrait de lectrice", si ma mémoire est bonne. Je trouvais l'idée sympathique et m'étais dit qu'à l'occasion, je pourrais m'essayer à l'exercice. Il s'agissait de répondre à une liste de questions autour des habitudes de lectures, de ses goûts littéraires, de ses héros préférés, de ses lieux de prédilection pour lire, etc.
Alors voilà, je tente l'expérience, mais, par contre, sans reprendre les questions. Je suis trop flemmarde pour cela, et je préfère laisser aller ma pensée à ce propos : quelle sorte de lectrice serais-je donc ?
Cette question est évidemment d'une importance capitale, tant l'heure est grave. Cependant, il n'est pas encore minuit. Peut-être avons-nous encore espoir de recueillir quelques idées claires.

La première phrase qui me vient à l'esprit, c'est que je suis une très mauvaise lectrice. Plus les années passent et moins je suis productive, moins je lis de façon soutenue. Lorsque j'étais môme, je pouvais lire pendant plusieurs jours d'affilée, voire plusieurs nuits. Je me souviens encore finir à la lueur d'une bougie quelques romans d'amour comme Jane Eyre de Charlotte Brontë. Parmi les livres qui m'ont marquée, je peux citer Les souffrances du jeune Werther de Goethe, ou encore Le grand Maulnes d'Alain-Fournier. Mais mon premier coup de cœur fut sans doute Les Fleurs du Mal de Baudelaire, au collège. 
Je ne sais encore, par ailleurs, comment j'ai pu emprunter ces chemins de lecture tant j'en fus éloignée. Il n'y avait pas de livres à la maison, mes parents ne lisant pas d'ouvrages français. Je dois être une sorte de miraculée, et les bibliographies des profs de français ont été une aubaine pour moi. C'est ainsi, aussi, que je lus J'ai quinze ans et je ne veux pas mourir de Christine Arnothy durant mes années de collégienne, roman autobiographique qui m'a laissée un moment sans voix. 
Au fil des années, mes goûts m'ont portée vers les polars, d'abord les romans d'Agatha Christie, seuls bouquins que je pouvais quémander à ma mère lorsque nous faisions les courses le samedi aprèm au supermarché du coin. Heureusement qu'il y avait les bibliothèques des école, collège et lycée pour satisfaire mes envies de lecture. 
Mais finalement, je dois dire que ma culture littéraire est plutôt pauvre. J'oublie d'ailleurs très vite ce que je lis. C'est la deuxième raison pour laquelle je me considère mauvaise lectrice. 
Lorsque j'étais étudiante et bien peu fortunée, j'ai pu tout de même commencer à enrichir ma bibliothèque. Outre des polars, je me suis frottée à quelques littératures d'idée. J'avais adoré Le mythe de Sisyphe de Camus. Et puis Dieu et l’état de Bakounine, ou encore Travailler, moi ? Jamais ! de Bob Black aux éditions des Mille et une nuits ou de l'Esprit Frappeur, collections que j'affectionnais tout particulièrement. Peut-être que si je n'avais lu ces ouvrages dans la veine du Droit à la paresse de Lafargue, serais-je aujourd'hui fonctionnaire et terriblement malheureuse... De même, Une société sans école, d'Ivan Illich, m'a carrément détournée de l'éducation nationale, erreur fatale ? J'en ai été réduite à exercer plusieurs emplois sans grand intérêt jusqu'à ce que je devienne formatrice précaire dans une asso bien connue.
Grâce aussi aux éditions Librio, je me suis procurée une petite collection de romans et d'essais divers à prix tout à fait abordable quand on est fauché. Les romans de Dostoïevski et d'autres écrivains russes m'ont égayée un temps, mais je n'ai jamais eu le courage de me plonger dans Crimes et Châtiments, qui m'attend depuis des lustres maintenant. Par contre, comme j'avais aimé Le journal d'un fou de Gogol ! 
Tout ce qui était fou, ce qui était noir, ce qui était suicidaire m'attiraient. Je recherchais des lectures hors-normes, un peu comme le journal de la grande Anaïs Nin. Je rêve de relire Les Tarahumaras d'Antonin Artaud par exemple. Parce que je sais que ce livre m'avait profondément touchée mais je n'en ai plus le moindre souvenir. 
Aujourd'hui, j'ai une pile de livres qui s’amoncellent en attendant d'être dépoussiérés. Je suis beaucoup moins attirée par les romans. On m'en offre parfois mais il est rare que j'en termine. Je ne lis plus que par intermittence, en voiture, quand j'attends mes mômes à la sortie de leurs diverses activités. Ou dans les salles d'attentes. Ou le matin en buvant mes cafés, car le soir n'est plus un moment propice : trois pages et je m'endors. C'est encore mieux qu'un somnifère... Je lis des passages, je lis plusieurs livres à la fois (une bonne dizaine), sur de longues périodes, sans forcément les terminer. Je les ouvre, je les pose, je les oublie, je les reprends. Poèmes, fragments, aphorismes et pensées sont sans doute les formes que je préfère à présent. La longueur m'est difficile, parfois je lis en diagonale, ou de travers - cela arrive assez souvent - ou d'un œil distrait, et la pensée ailleurs. Néanmoins, le dernier livre qui m'a scotchée, c'est Vivre de paysage de François Jullien. 

Je pourrais dire que je suis loin d'être une lectrice bien sérieuse... Et pour finir, parce qu'on a dépassé minuit dans le jardin, je pourrais revendiquer comme Daniel Pennac :

" Les droits imprescriptibles du lecteur:
1. Le droit de ne pas lire.
2. Le droit de sauter des pages.
3. Le droit de ne pas finir un livre.
4. Le droit de relire.
5. Le droit de lire n'importe quoi.
6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
7. Le droit de lire n'importe où
8. Le droit de grappiller.
9. Le droit de lire à haute voix.
10. Le droit de nous taire."



vendredi 20 novembre 2015

Apocalypse now ? That is the question.

Nous pouvons entendre et lire, ces derniers temps, certains énoncés qui prêtent à réflexion. Ces énoncés évoquent notamment l'attrait que peut avoir des jeunes en quête de sens, en quête d'idéal, pour l'organisation terroriste et clairement sectaire (entendons bien que toute religion est sectaire), que représente daech : " L’idéologie de l’EI exerce un attrait puissant sur une certaine population". Certain article titre le "charme du califat", où l'on peut lire que "c’est la dimension apocalyptique de Daech qui séduit tant de jeunes Occidentaux à la recherche d’un sens à leur vie". Sur les ondes par ailleurs, nous entendons, de mémoire, quelques phrases répétant que l'EI offre sur le marché une idéologie qui rencontre une demande. Puissante entreprise, donc, qu'est l'EI, attractive, et qui sait s'adresser aux jeunes, semble-t-il, qui sait vendre une idéologie, qui sait séduire, attirer, faire rêver une partie des jeunes en marge, ou en errance, ou des exclus qui ont échoué à se conformer aux règles sociétales occidentales, qui échouent à (s')intégrer, à entrer dans la danse compétitive de l'idéologie dominante, des jeunes, en somme, en quête d'un monde meilleur, en quête existentielle. Et l'occident peine aujourd'hui à  apporter quelques lumières. N'a-t-il pas, d'ailleurs, été assez remarqué cette espèce de crise du sens qui submergerait celles et ceux qui vivent l'époque d'un Dieu est mort ?...
Nous pouvons avoir cette drôle (absurdité tragico-comique - pour rire et pleurer - tout comme lorsque Vladimir Poutine accuse Erdogan d'être un dictateur) d'impression - mais peut-être est-ce un effet de langage - qu'une logique marchande / consommatrice (d'idéologie) subsume même les plus barbares des barbares (les étrangers à nos modes de vie pervers). S'en remettent-ils, en effet, à la communication stratégique, ou au marketing ciblé, pour recruter dans leurs rangs des guerriers (sous le charme des diverses drogues plus ou moins rhétoriques et flattant leurs pulsions morbides) qu'ils rémunèrent, non à coups de lance-pierre, mais d'un salaire bien engraissé de dollars, avec privilèges sociaux par dessus le marché : logement et soins gratuits parait-il, éducation gratuite (et formatage, un peu comme partout de toute façon) pour tous les enfants, mères au foyer aidées financièrement, d'autant plus quand les maris ont rejoint dans une extase explosive le paradis des martyrs,  etc. Des avantages sociaux qui feraient baver plus d'un esclave salarié précaire de l'occident. Bref !
Ces obscurantistes, nommés tel quel par beaucoup d'humanistes, à la morale irréprochable et convaincus d'agir vertueusement sont, à l'inverse, persuadés que c'est le mécréant qui est un ignorant (à abattre)...
L'autre jour, Edgar Morin, invité à France Culture, disait que c'est une guerre qui oppose des "moins" barbares à des "plus" barbares... En fait, je pense que tout cela est bien complexe, pour reprendre un terme cher à Morin, et que nous  sommes toujours dans le caca une confusion planétaire, coincés au milieu de rigides de tout bord (ou des constipés, rechignant à lâcher leur caca pouvoir) incapables de penser entre les idéologies, incapables de poésie.

mercredi 18 novembre 2015

mardi 10 novembre 2015

Les bleus trop communs




Tu vois,

nous irons par les chemins solitaires
hors du monde, loin de la foule, en marge des groupes

nous suivrons les chemins non tracés, les chemins égarés, les chemins insensés

nous irons par les chemins solitaires, à peine balbutiés
les chemins désertés, les chemins incultes, les chemins impossibles

Les rugissements, les chuchotements, et même les silences
toutes ces vanités
seront snobées

et nous irons par les chemins solitaires et incertains

nous suivrons les chemins solitaires des voix excentrées
ou des voix exilées
et nous laisserons les bleus trop communs, les cieux trop rêvés 




jeudi 5 novembre 2015

Se donner un genre

L'individu n'est pas à un paradoxe près. On pourrait même affirmer qu'il se révèle plus souvent, finalement, comme tout et son contraire.


Un indéfinissable que l'on s'escrime à vouloir définir de quelques manières.


Un singulier que l'on se résigne à écrire au pluriel.


Une histoire sans cesse recommencée ou une inconstance que l'on taille, que l'on sculpte, que l'on voudrait rendre stylée.


Un édifice qui ne cesse de tomber en ruines, poussières de soi au vent ; ou que le fleuve charrie, poussières de soi noyées.



Comme des corbeaux aux lettres anonymes : le noir sur la peau, l'absurde et le sublime. 
Et que sais-je encore ?


Rien de bien déterminant.


Peut-être une métaphore qui s'incarne : et là, l'individu, il a l'air beau...
Il se remplit de mystères.
Et si c'était un nom pour commencer, au lieu du verbe ?
Toi, tu porteras ce nom étrange et j'ai espoir, ainsi, de te rendre un jour - et qui sait s'il arrivera un jour ?- humain.


Et aussi, tu auras l'impression d'être unique en ton genre.

mercredi 4 novembre 2015

mardi 3 novembre 2015

Satellite of love

Il est des chansons, des airs qui nous trottent dans la tête, des airs qui nous viennent d'on ne sait où, du tréfonds d'un inconscient, ou d'un passé à jamais dissous dans des recoins nocturnes de la mémoire, ou dans les plis de la peau, ou dans les rides du visage, un passé que les nostalgiques d'un ailleurs toujours perdu, toujours absent, ne cessent de vouloir faire revivre, sans raison particulière.
Il est des chansons, des mélodies qui nous sont fidèles comme une hantise, et parfois, à minuit dans le jardin, on essaie de s'en défaire histoire de trouver un sommeil sans voix...


Celle-ci, elle est arrivée par un heureux hasard, en ce matin pluvieux.

dimanche 1 novembre 2015

Du sommeil aigre-doux de l'enfance (4)


Vingt mille francs, si mes souvenirs sont bons, c'est à peu près la somme que Jean et Suzanne avaient déboursée pour participer à la construction de la pagode près de chez eux. C'est fou ce que l'on peut faire quand on a la foi... 
J'ai vu cette pagode prendre forme petit à petit, et le temps qu'ils y ont consacré. Mais ils étaient heureux de contribuer à ériger ce lieu commun. A ce jour, Jean est encore un membre actif, trésorier de l'association et intervenant fidèle dans les diverses affaires de la pagode, tour à tour secrétaire, chargé de communication, interprète ou encore guide touristique pour moines tibétains ou d'ailleurs, en visite et logés au temple même. 
J'ai toujours aimé lors des diverses fêtes observer la liberté accordée aux plus jeunes, aux enfants, qui souvent s'amusent à l'extérieur, courent parfois dans tous les sens pendant que les adultes s'affairent, ou encore vont explorer la grande salle des cérémonies, lorsqu'elle est désertée, jouant à cache-cache derrière la grande statue de Bouddha... Nulle obligation en ce qui les concerne de prier ou d'effectuer quelques rituels particuliers. On les y invite mais on leur laisse le choix, même si les parents auraient souhaité des enfants un peu plus pieux. C'est ainsi que Suzanne fut assez déçue de me voir opposée à une sorte de "baptême" religieux. Ce jour là, alors que j'étais jeune ado, je refusai catégoriquement de prier à genoux et de me faire couper une mèche de cheveux.
Je souris en y repensant. J'ai toujours hésité entre insoumission aux croyances et aux dogmes et intérêt pour le phénomène religieux. J'ai eu ma période où je me sentais plus ou moins "bouddhiste", lorsque plus tard, jeune étudiante, je fis l'effort de lire quelques ouvrages à ce propos. Je pensais alors que le bouddhisme était plus une philosophie qu'une religion, et cette idée, somme toute assez commune, et peut-être sans réel fondement, me plaisait bien. Il est notamment encore difficile de trancher, et je ne saurais le faire : le bouddhisme est-il une religion ou une philosophie ? Peu m'importe finalement.
Cette période fut de courte durée car j'avais déjà opté pour une existence qui se voulait sans foi, ni loi, sans dieu, ni maître et la conviction de l'absurde condition humaine. D'ailleurs, ce ne fut pas toujours très drôle, car cela allait de pair avec un grand désespoir et le sentiment douloureux d'être socialement inadaptée.

samedi 31 octobre 2015

Jardin d'automne (2)

Cela doit faire deux ou trois jours que je me traîne quelque vingtaine de copie d'étudiants ayant participé à un concours blanc. Deux ou trois jours que je peine à les corriger... Je lis deux, trois copies, puis je décroche. Je crois bien que ces étudiants qui attendent toujours impatiemment de connaître leur note - formatés qu'ils sont à adorer la notation - parce qu'ils ont l'impression de travailler, même de progresser dans leur apprentissage - vont attendre encore un peu. Les résultats ne seront pas pour la rentrée prochaine.

Plutôt que de m'assommer, j'ai préféré profiter de la belle journée ensoleillée en me rendant avec une petite fille de cœur dans un de nos bois fétiches.

Un peu de poésie, que diable ! 



Comme le rire tu des feuilles mortes sur nos pavés... Cadavres exquis.



Ou l'inattendue, la lumière insoupçonnée, celle des cimes, la lointaine, la hautaine.
Celle qui se moque de nos nuits.

Et celle plus timide, débusquée, arrêtée, dans un bois qui s'assombrit.



Pensées chinoises

Suis-je dans l'air du temps ? Étranges synchronicités ! Amusantes !

Alors que je bataille à me replonger dans des souvenirs carrément brumeux, constatant que ma mémoire n'est décidément pas visuelle, et que peut-être alors la photographie est comme une béquille, je découvre, enchantée, le programme des nouveaux chemins de la connaissance, consacré cette semaine déjà passée, à la pensée chinoise... 

Alors, j'aimerais bien prendre place dans ce fauteuil d'un autre temps...


... mais je me contenterai d'écouter une ou deux émissions, en faisant ma popotte.

Les pensées chinoises à écouter ici : clic

vendredi 30 octobre 2015

Du sommeil aigre-doux de l'enfance (3)

Écrire est une exploration et l'écrivant, un aventurier de l'espace-temps. Il y a toujours une mise en danger de soi sur les terres d'écriture, peut-être un danger de perdition, de dispersion, notamment, dans cette écriture où l'on tente de parler d'un soi alors que l'on sait pertinemment qu'il est hypothétique, du moins, fluctuant, et qu'il dépendra surtout de ce que l'on en écrira.
On ne se fait plus d'illusion, on sait que l'écrivant, lorsqu'il prétend être à la recherche des lieux perdus, est en fait à la recherche d'un soi égaré quelque part, entre hier et demain, entre ici et là bas, entre des mots et des mots. Ce n'est pas la connaissance de soi qui importe, loin de là, l'écrivant se cherche d'une autre manière : il cherche son sujet, il cherche à le localiser.
Si j'entreprends de fouiller dans le "sommeil aigre-doux de l'enfance", magnifique expression que j'emprunte à Julia Kristeva dans son essai Étrangers à nous même et qui m'évoque tellement cette période toujours trouble du passé, cette période qui peut durer longtemps, cette période où le sujet qui s'éveille est à la fois endormi, c'est pour tenter de répondre à une sollicitation du hasard que j'ai transformée en contrainte d'écriture.
Aborder ce thème du bouddhisme, essayer de relater et de partager une expérience culturelle, familiale, est encore un prétexte pour explorer le mystère des relations entre des êtres vivants, entre des êtres et des idées.

jeudi 29 octobre 2015

Du sommeil aigre-doux de l'enfance (2)

Il n'y a pas d'église évidemment, il n'y a pas de messe non plus, juste des pagodes et des prières collectives les matins de festivités. Les animations, en général, sont toujours très conviviales et joyeuses, même lors de cérémonies pour les défunts, même parmi les pleurs des personnes endeuillées. Les fidèles sont toujours conviés avec toute leur famille à venir passer les journées de fêtes à la pagode. Ils s'y rendent tôt le matin et les femmes, principalement, aident en cuisine. Il y a toujours un grand choix de mets, servis à profusion. La nourriture, toujours végétarienne, déborde des tables où même l'étranger d'un jour, l'étranger de passage peut s'installer. Les offrandes de fruits, de gâteaux et autres confiseries sont généreuses sur les autels dédiés aux morts chéris ou aux diverses divinités. Pour ne pas gaspiller, les restes sont parfois redistribués, partagés entre les convives à la fin de la journée.
Lorsque la cuisine est bien avancée, les fidèles revêtent leur robe grise et se regroupent dans la grande salle consacrée aux prières. Toujours chaudement colorée, richement décorée de vases fleuris, de statuettes et autres représentations divines, la pièce spacieuse et lumineuse, imprégnée d'encens, abrite une énorme statue de Bouddha. Face à celle ci, de nombreux tapis accueillent les séances de prières ou de méditation rythmées par la musique des bols chantants que les moines frappent régulièrement. Parfois des petites conférences assises ou rencontres avec des lamas reconnus se déroulent dans la grande salle.
Je me souviens avoir souvent participé aux fêtes religieuses avec mes parents et m'être régalée à chaque fois. Lors de notre premier voyage retour au Vietnam, nous avions visité quelques pagodes où se rendait souvent mamie Nam. Si j'avais été révoltée de voir des montres en or au poignet de certains moines, si j'ai été parfois très critique envers la religion et ses dogmes, j'ai toujours aimé ces lieux plein de couleurs. J'ai souvent observé les prières, je me suis même pliée à certains rituels après le décès de maman. J'aime aussi énormément le parfum de l'encens au bois de santal.
Comme mamie Nam, Jean a installé un autel dans le salon avec une belle image encadrée de bouddha. Et comme elle, ou comme à la pagode, il a installé à côté de la représentation du bouddha, les photos des mortes de la famille, celles de sa grand-mère, de sa mère et de sa femme. Et chaque matin, depuis qu'il a du temps, depuis qu'il est à la retraite, il brûle quelques bâtons d'encens, récite à voix basses de très courtes prières puis leur sert une tasse d'eau chaude, parfois du thé. Aussi, chaque fois qu'un repas pour une occasion spéciale est préparé, avant de se mettre à table, il leur en sert une part, à chacune ainsi qu'au Bouddha, puis il les invite à se restaurer. Il considère, m'avait-il expliqué, que les esprits des morts pouvaient se nourrir encore. D'ailleurs, les morts mangent toujours avant les vivants.
Étrangement, certains rituels se perpétuent, même chez moi. Je possède deux petites statuettes de Bouddha, j'ai aménagé un petit autel des morts et je brûle quotidiennement quelques bâtons d'encens. Ce geste est comme une pensée que j'adresse aux défunts, une pensée qui s'échappe en fumée.

mardi 27 octobre 2015

Du sommeil aigre-doux de l'enfance (1)

Si je veux parler d'une culture familiale imprégnée de bouddhisme, de croyances, de traditions et rites populaires, je ne saurais le faire sans me référer à au moins deux figures chéries de mon enfance : mamie Nam et Jean. 
Je ne suis pas bouddhiste, je ne pense pas être croyante, et encore moins athée. C'est sans doute que je me refuse toute étiquette. Mais il est vrai que la question de la spiritualité m'a toujours intéressée, celle qui dans un certain sens rejoint certaine philosophie, celle qui s'interroge et m'interroge aussi, parfois. Je ne suis guère spécialiste dans le domaine mais cet intérêt est, je crois, un héritage familial.
Je n'ai que très peu connu mamie Nam, je l'ai très peu côtoyée. La première fois que je la revoyais en chair et en os, c'était en août 1987 ou 1988. Jean m'avait très souvent parlé d'elle et j'ai rêvé longtemps de vivre à ses côtés. Hélas, presqu'une journée d'avion nous séparait l'une de l'autre. Mais cet été là, je retrouvais la grand-mère aimante qui m'avait tant manqué et lorsqu'il a fallu repartir, je n'ai cessé de pleurer. La quitter était un déchirement. Je m'étais tellement attachée à elle.
J'adorais l'accompagner au marché, elle faisait quotidiennement ses courses matinales. Les maisons d'alors, les modestes, n'étaient pas encore équipées de réfrigérateur (ni de salle de bain, ni de machine à laver, ni d'eau chaude, ni de télévision, ni de carrelage...), il fallait chaque jour penser à se ravitailler. C'était l'ainée de tous, c'était elle qui décidait, bien souvent, de la composition du menu du jour. Elle choisissait les aliments qu'elle allait cuisiner, avec l'aide de sa nièce, une cousine de mon père chez qui elle habitait. Mamie Nam partageait l'existence d'une famille avec trois jeunes enfants mais l'entente n'a pas toujours été harmonieuse. La vieille dame avait un sacré caractère : impatiente, colérique, autoritaire, mais juste, intègre, généreuse. Sa place d'ainée exigeait obéissance et respect de la part des enfants. C'est ainsi au Vietnam, les anciens ont une place de choix et tous les petits frères et sœurs, tous les plus jeunes cousins et cousines, les enfants, petits enfants, nièces et neveux, quelque soit leur âge, sont à leur service. D'ailleurs, si le bouddhisme est la religion prédominante, elle côtoie de près le culte des anciens, le culte des défunts.
Alors, chaque matin, avant de faire ses emplettes, mamie Nam ne manquait pas de brûler plusieurs bâtons d'encens, dans chaque pièce de la maison, et récitait quelques prières aux défunts, après leur avoir servi, à chacun, une tasse d'eau chaude, sans oublier le Bouddha.

mardi 20 octobre 2015

nous suivrons le vent

et nous suivrons les nuages


comme nous suivrons les cours d'eau


puis nous suivrons les saisons
comme nous suivrons du regard


tous les paysages sémantiques

la variation temporelle
l'équivocité des mots
la polyphonie des sens
l'hétérogénéité d'émoi
l'ambivalence des brumes
le métissage des lieux

nous libérerons les ombres

Infiniment
jusqu'à notre fin

lundi 19 octobre 2015

Il n'y a pas si longtemps

Les arbres inlassablement


 Sur la page grise du ciel


griffonnent des idées saisonnières


Hiéroglyphes, lettres savantes


 Messages codés, gribouillis


D'été, d'ici et d'ailleurs

dimanche 18 octobre 2015

Du bien et du mal



 Il semble que quoiqu'on en dise, penser en termes de "c'est bien ce qu'ils ont fait", ou "c'est mal ce qu'ils ont fait", est plus fort que soi : même lorsque nous avons conscience de la complexité d'un phénomène, nous ne pouvons nous empêcher, trop souvent, et à moins de se taire, de porter un jugement de valeur. Tout jugement de valeur n'est-il pas finalement binaire ? C'est beau, c'est laid, c'est gentil, c'est méchant, c'est bon, c'est mauvais, c'est énooorme, c'est grave nul, etc.
Cela ne rejoint-il pas le fonctionnement cognitif humain ? Cette propension à catégoriser. A partir du moment où l'on caractérise un objet ou un fait, nous lui attribuons des qualificatifs qui en excluent d'autres, ces autres étant souvent leurs contraires. C'est comme, en somme, penser en termes de même et de différent. Il parait bien difficile d'exprimer l'entre-deux, de nuancer : quels sont les mots qui disent le beau et le laid, ou le bien et le mal, à la fois ? 
Nous avons dans notre langue la conjonction "et" pour associer deux qualificatifs ensemble, ou le groupe prépositionnel "à la fois", ou encore "en même temps", ou l'adverbe "simultanément", etc. Nous pourrions aussi user de stratagèmes typographiques : "c'est bien-mal", "c'est beau-laid". Mais, pas de mots qui expriment l'ambivalence. 
N'est-il pas difficile de se représenter un bien-mal ? Si entre le chaud et le froid, nous trouvons le tiède, si entre le goûteux et l'insipide, nous avons le fade, comment penser l'entre de deux qualificatifs moraux contraires ? Inventons un mot à la manière du tiède et du fade ? Peut-être pourrions-nous proposer le neutre ? Hum, non, le neutre ne dit pas l'entre bien et mal. Disons... : "c'est complexe" ? Et suspendons notre jugement ? Ou développons, longuement, notre point de vue ?
Ainsi, nous jugeons comme nous caractérisons, nous catégorisons, nous séparons, et ceci, de manière plus ou moins violente. La binarité serait-elle le propre du langage ?


Minuit dans le jardin du bien et du mal



lundi 12 octobre 2015

Trouver le souffle

Cette rentrée 2015 me laisse peu de répit. Me voilà à enseigner l'expression écrite et les méthodologies du résumé, du commentaire, de l'argumentation, et de la structuration de texte à un public post-bac censé maîtriser ces diverses "compétences" textuelles, comme on dit dans le jargon... Ce n'est pas une mince affaire. Si dans un groupe d'une vingtaine d'étudiants, il y en a toujours deux ou trois qui parviennent à écrire selon les normes (sociales/scolaires), la majorité rencontre des difficultés. Il faut tout revoir : qu'est-ce qu'un résumé, qu'est-ce qu'un commentaire, une argumentation, etc ? Mais aussi, comment repérer thème, thèse, et arguments ? Comment distinguer l'information essentielle du secondaire ? Le plus dur enfin : comment reformuler ? Puisque la paraphrase est déconseillée... C'est que très souvent, les étudiants me disent : "j'ai l'idée en tête, je pense avoir saisi le sens du texte, mais je n'arrive pas à reformuler", ou alors "je n'arrive pas à le dire, je ne sais pas comment dire, je ne trouve pas les mots". 
Outre des problèmes de syntaxe assez conséquents (on peut lire par ex des phrases à rallonge, de dix lignes, sans ponctuation adéquate et dans lesquelles les idées s'emmêlent...), ces post-bacs possèdent souvent un "répertoire langagier" (autre terme jargonnant) assez pauvre. Or je n'ai que quelques mois pour les préparer à des concours d'entrée en écoles axées autour du soin. Donc, il n'est pas rare que je sois assez pessimiste, d'autant plus lorsque je rencontre des cas d'illettrisme. 
Dans une société où l'écriture est devenu un instrument de pouvoir, ne pas savoir écrire de façon efficace représente un handicap - il est certain que nous ne vivons plus dans des sociétés de traditions orales... L'écriture, formidable instrument de torture, est devenu un schibboleth, élément d'exclusion sociale. Savoir écrire s'inscrit aujourd'hui dans cette logique de l'idéologie dominante : compétence, sélection, performance, et réussite individuelle...
Pourtant, écrire est aussi étroitement lié à la pensée. Depuis que les humains ont inventé l'écriture, leur pensée n'a cessé de se complexifier, et de s'organiser. L'écriture n'a eu de cesse cette fonction de nourrir la pensée humaine, outre de lui permettre de se structurer. Est-ce à dire que la pensée humaine était moins ordonnée avant l'invention de l'écriture (et de l'imprimerie) ? Pas forcément, mais écrire participe grandement à rendre une pensée mieux "construite", à l'éclairer. Ces étudiants qui n'arrivent pas à structurer leurs écrits, à formuler leur pensée, laissent transparaitre, très souvent, une pensée éclatée, une pensée majoritairement pétrie de lieux communs, une pensée, pourrait-on affirmer, qui ne leur appartient pas complètement. L'écriture a ceci de particulier, c'est qu'elle participe en tant que processus (en tant que pratique régulière) à la construction et à l'émergence d'une pensée plus personnalisée, plus subjective. Mais plus particulièrement, précisons que c'est l'écriture narrative qui permet au sujet d'advenir à plus de singularité. (repensons aux théories d'identité narrative de Paul Ricoeur...). 
Tout ceci pour dire que nous vivons peut-être une ère de désubjectivation, dans le sens ou narrer n'est plus à la mode. Le mode narratif était très présent dans les sociétés orales pleines de griots... Aujourd'hui, la parole est mise à mal par le communicatif, ou le fonctionnel : l'information est privilégiée ; informer, communiquer de façon efficace, transmettre des informations, voilà le modèle dominant (R. Gori, in la dignité de penser). Et celle ou celui qui ne sait faire s'en trouve bien démuni, outre le fait que sa pensée se voit confisquée. 
Bref ! Donc, chaque samedi matin, je vais à mon cours de taï chi, et je cesse de penser. J'apprends à épouser le mouvement, à laisser mon souffle me guider, je laisse "parler", "balbutier" mon corps, sans langage articulé. Ainsi, ai-je trouvé très plaisant le fait d'être moins présente dans la sphère cérébrale... Et ceci est une autre histoire...

dimanche 11 octobre 2015

Rien n'est immuable

Une nuit d'insomnie et voilà ce nouveau lieu. 
J'avais juste envie de déménager, envie d'épurer aussi. C'est ainsi, rien ne dure. 
Pas de ligne de conduite, pas d'idée précise, à nouveau l'incertain.
    Mais que demeurent les arbres...