mercredi 19 septembre 2018

Ce jour

Pour fêter mon 42ème inconvénient d'être née, je vais me souhaiter et m'offrir une joyeuse mélancolie, un merveilleux ennui, une extraordinaire lassitude, une magnifique déprime, des vents, des tempêtes, des pluies, des orages, des brumes à perte de vue, des cafés et des clopes fleur du pays, la bonne résolution de continuer de fumer et de vieillir, des automnes et des feuilles mortes, des solitudes poussiéreuses, des rires aux larmes, des pensées pour les morts, des lieux hantés, des deuils et des deuils, un bouquet de roses rouges fanées et jetées à la poubelle, des angoisses existentielles, du vin, du whisky et des calories, des cheveux blancs, des rides, des chagrins et des abîmes, l'essoufflement, des ascenseurs en panne, des tachycardies, une tomate une pomme un oignon blanc pour midi, des désillusions, des ratages, des échecs cuisants, des migraines, des cellules mortes et des neurones décroissant, un déclin inéluctable, des tumeurs cancéreuses (avec un peu de chance), des cauchemars, des insomnies, du travail interminable, être toujours en retard, des multi-listes de tâches, des chansons tristes, des chansons d'amour, des amours qui finissent mal, etc.
Ce sera une excellente nuit.

mardi 18 septembre 2018

jeudi 13 septembre 2018

Madame, madame

Est-ce que vous regardez la télé ?
Non.
Vous n'avez pas de télé ?
Non.
Vous ne regardez jamais la télé ?
Je regarde Arte, quelquefois.
Ah oui, Arte, trop bien. Les documentaires sur les lions, j'adore les documentaires sur les lions.

Est-ce que vous connaissez [nom d'un joueur de foot (que je n'ai pas retenu)] ?
Non.
Vous ne connaissez pas [nom d'un joueur de foot] ?!
Pas du tout.
Et [autre nom d'un joueur de foot] ?
Je ne connais pas.
(exclamations d'étonnement dans la salle)
Je ne regarde jamais le foot.
Ah ! Ce n'est pas possible !
Zidane, vous connaissez Zidane au moins ?

Ah ! Ces jeunes ! Pensais-je. Ils sont drôles.
Ravie de faire votre connaissance.

Et la variété Madame, vous aimez la variété ?
J'aime bien la chanson française.
Vous connaissez [un nom de chanteur que je n'ai pas retenu] ?
Non.
"Il est où le bonheur, il est oùuuu ? Il est où ? Il est où le bonheur, il est oùuuu ? (lalalala)"
(rires)
Je déteste cette chanson.

Bon, on va faire de la culture générale. Je vous recommande cet ouvrage, c'est une anthologie.
Vous savez ce que signifie une anthologie ? Qui peut me donner la définition du mot anthologie ?

Je vais vous expliquer ce qu'est une anthologie.

Donner un cours l'après-midi, c'est mortel. Surtout que je n'avais guère envie de travailler. Heureusement, ces enfants terribles m'attendrissent. 

En fait, on est toujours seul Madame. Même avec tous, on reste seul, on meurt seul dans notre coin.
Vous avez tout compris. 

On va bien s'amuser. 


A côté de la fontaine, il y a une impasse : l'impasse de la peine. 

mercredi 12 septembre 2018

Adieu la vacance



Voici venir le temps du stress de la dernière minute !
La course redémarre et je suis en retard pour tout, dans tout ce que j'entreprends.  
Hier, j'ai pensé mourir deux fois sur la voie rapide en me rendant à mon "travail". Heureusement, c'est un tout petit groupe de jeunes demoiselles qui m'attendaient, bienveillantes quant à mes quelques minutes de retard. 
Seuls avec tous : c'est la nouvelle thématique à l'étude en classes de bts. 
Ah ! Quel thème ! Individu et société. Cela me rappelle le Vivre seuls ensemble de Tzvetan Todorov. Mais du coup, je vais feuilleter son essai d'anthropologie générale, La vie commune. Des fois que. Entre quelques nouvelles d'Haruki Murakami, Après le tremblement de terre, je pense.
Avec les jeunettes (elles sont mignonnes), on regardera Dogville par exemple. Ce sera presque suffisant. Puis on lira L'homme des foules d'Edgar Poe. Aussi. Pourquoi Pas ? On parlera des pseudo nouvelles formes de solidarités, comme les amap. On évoquera l'économie sociale et solidaire. Très amusant. 

dimanche 9 septembre 2018

Suzanne



Tu avais fait le choix d'aller là-bas vivre, ensemble. Tu es montée dans cet avion qui te faisait quitter le pays qui te ressemble. Et tu as dit "au revoir" aux soleils mouillés, aux ciels brouillés, tu as fini par oublier leurs larmes.
Le temps a filé, les années ont passé, et la splendeur orientale de ta jeunesse a lentement fait place à l'automne d'ici.
Mais tu parles toujours ta douce langue natale et cette langue de la première enfance, cette langue maternelle, elle parle à ton âme en secret. L'entends-tu encore ? Elle te chuchote d'aimer et mourir, elle te supplie d'assouvir encore ton moindre désir.
Voici venir à présent le temps des soleils couchants, le temps où le monde s'endort dans une chaude lumière.
Et je t'invite à voyager, pour une dernière fois, avec sérénité.
Le pays qui t'accueillera est au delà du bout du monde mais là-bas, "tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté". 

vendredi 7 septembre 2018