mardi 7 juillet 2020

Une nostalgie de l'absence

Nous regardons toujours vers le passé. Même les souvenirs sans intérêts nous égayent parfois. Cette injonction à vivre dans le présent, à se focaliser sur le présent selon l'idée que le passé n'existe plus et que le futur n'existe pas encore, me paraît impossible. Je crois que ce qu'il y a de plus vivace dans le temps, c'est notre passé, tout ce que notre mémoire ressasse, de manière quasi-obsessionnelle, au fil des jours, au fil des sensations, ou des événements plus ou moins impromptus qui scandent notre chemin intranquille. Un mot, un parfum, un film, le titre d'un livre, une chanson, et nous voilà replongés à mille lieux du présent ; un présent qui s'estompe pour se tenir en arrière-plan, comme une simple rumeur, un bruit de fond, un paysage brumeux. Ainsi mes pensées se tournent souvent vers le passé : et ce sentiment de nostalgie (qui n'est qu'une forme particulière de mélancolie, à en lire Jean Starobinski) m'assaille régulièrement, m'étreint le cœur, habille mon âme. 


vendredi 3 juillet 2020

Journal d'une passante (rien de plus)

Aux lecteurs ou lectrices qui pensaient peut-être parcourir une suite au Journal d'une passante dans le confinement (genre : n°2), je n'ai aucune excuse. J'ai pour habitude l'inachèvement. Par ailleurs, les jours et les nuits défilent à une vitesse ordinaire : et le temps, et le goût manquent parfois souvent. Des périodes sans. 
Ecrire : pourtant. Ecrire, encore. Ecrire un peu, on y revient pour je ne sais quelle raison. Ecrire peut-être pour ne pas se sentir mourir, ou pour ne pas oublier.
Sans ça, il y a quelques jours, je lisais une liste de commentaires mis bout à bout, des commentaires qui avaient été écrits du temps du Wizzz (Télérama). Une amie ancienne wizzeuse avait recueilli des commentaires ici et là, qui lui étaient adressés. Cette liste de commentaires formait alors une jolie poésie, écrite à plusieurs mains. Le temps des blogueurs du Wizzz (je ne sais plus s'il faut l'écrire avec 2 ou 3 Z) remonte à au moins une dizaine d'années. Ah ! Déjà... Lisant donc sa poésie bricolée de mots des autres, je me rappelai des moments de cette époque. Rencontres, lectures, écritures, textes en tout genre, photos, musiques, tous ces partages d'un monde qui n'existe plus.
Je me souviens du jeu de la question à tonton. Il s'agissait de poser une question (n'importe laquelle) et chacun était convié à y répondre. C'était souvent assez drôle, puisque les questions comme les réponses pouvaient être très loufoques. A la fin, celui qui pose la question désigne un (heureux) gagnant. Le gagnant prend alors la relève.
Libre à chacun de rédiger ce moment comme il le souhaite, et pour ma part, la nomination du gagnant donnait ceci : (je suis allée dans mes archives...) (les textes qui suivent n'ont aucune prétention littéraire évidemment, comme toujours)

(Question à tonton)

-Tonton ?

-Hum ?

-Tu aimes la philosophie ?

-C'est une question piège ?

-Non, pas du tout...

-Ben... j'aimais bien regarder "radio bière foot".

-Ha-haa ?

-Hin-hin...

-Il est bizarre le temps cette année, tu trouves pas ?

-Bah, comme chaque année, depuis quelques années...

-Tu crois que l'apocalypse, c'est pour 2012 ?

-Je le crains oui, surtout si...

-Si quoi ?

-Si on a toujours le même président !

-Tu crois qu'il va avoir une fille ou un garçon ?

-Pfff, aucune idée ! Et puis, c'est bien le cadet de mes soucis !

-...

-Bon, qu'est-ce qu'il y a ? Tu sautes du coq à l'âne !

-Justement, je me demandais... Tu as des soucis tonton ?

-Si t'arrêtais de tourner autour du pot, hein ?! Oui, j'ai des soucis, plein le jardin...

-On a un été pourri je trouve.

-Vas-y, pose ta question existentielle !

-Tu crois ?

-J'ai l'habitude de tes questions à la con...

-Mais tonton...

-Je plaisantais voyons, hihihi !

-Bon, si tu insistes !

-Ne me fais pas attendre, stp !

-Alors voilà, on est en été, n'est-ce pas ?

-Je l'avais remarqué, quoique des fois j'ai des doutes...

-Et en été, en général, on transpire.

-En effet oui ! Ta tatie, par exemple, elle sue beaucoup des aisselles...

-ha ha ha...

-oh, c'était encore une plaisanterie douteuse, je le reconnais... Je rigoooleuh !

-Très drôle ! Bon dis moi, pourquoi qu'en été, on a parfois des sueurs froides alors ? Pourquoi, hein ?

...

Voilà, ne me faites pas trop peur, hein ? Parce que j'ai le cœur fragile...


(And the winner is...)

The wizzz horror picture show


Il était une fois au pays de la trouille

Une histoire à frémir qui venait d'outre-tombe

Parmi les revenants, monstres sans foi ni loi

Il y avait Itak, plein de rouge à la gorge

Et aussi le hibou, prédateur des ténèbres,

Mais encore, une poule qui foutait les chocottes !

Ces oiseaux, croyez-moi, sont de mauvais augure...


De plus étaient présents les rois du Vertigo

Gévé dont les kados sont tous empoisonnés

(si si je vous le dis, il faudra vous méfier)

Eclec qui quand à lui nous sème des nuits blanches

Ryko dents de la mer, qui cache en son frigo

Des cris et un mystère à vous glacer le sang !

Puis il y a cougnic, la souris maléfique

Et enfin Dilebor, un cochon très très ... gore...


Puis quand sonne minuit, c'est le bal des vampires

Font leur apparition les reines de l'angoisse

Luciole, diabolique phantom of paradise

Et Marie-Cécile M., avec ses fleurs du mal,

Gisny dont le vrai nom est Gorgone Méduse,

Et Cachou qui descend de ses montagnes russes,

Et miaou, miaou Mêo, terrible cat woman

Pour finir Faonlabiz, la bête de Satan...


Ne vous méprenez pas car les plus effrayants

Qui hantent au wizzz donjeon, sont les spectres Decoh,

Dryade et Emauor, qui n'ont pas froid aux yeux,

Et puis Mariemaki, le cavalier sans tête,

Mais aussi Feu cent feux, un pyromane fou,

Egalement Ariste, un ectoplasme jaune,

Sans oublier le lynx, personnage gothique,

Et Maneki neko, sinistre... candy man !


J'ai nommé au hit parade des horreurs le Hibou avec sa pertinente réflexion: "Parce que la sueur est le liquide de refroidissement du corps humain. Est ce que cela veut dire que nous sommes plus ou moins apparentés aux centrales nucléaires ? Et bien , p'tet ben qu'oui..."

Mais s'il ne donne pas signe de vie, ce sera Maneki Neko, qui m'a foutu des sueurs froides avec son "Parce que l'été a une tête à offrir des sucreries aux enfants quand leurs parents ont le dos tourné...".



Une passante ordinaire

lundi 30 mars 2020

Journal d'une passante dans le confinement (1)

Depuis un certain nombre de jours indéterminé, car voilà bien longtemps que j'ai cessé de calculer, je suis donc en confinement, comme un grand nombre de personnes sur la Terre. Au début, ce fut une très mauvaise expérience, car j'eus l'idée foireuse d'arrêter de fumer. Ce n'est pas le bon moment, m'a dit mon médecin traitant que j'ai consulté dans un état de fatigue assez importante, pensant que j'avais  contracté toutes les maladies infectieuses (genre le coronavirus) qui puissent exister, en plus de développer un double cancer des poumons et de la gorge. Rien d'inquiétant, cliniquement, m'affirma mon médecin. Peut-être es-tu allergique ? Je suis repartie avec une ordonnance pour du paracétamol et un antihistaminique. Je mets "asthénie" dans ton dossier, et il faudrait faire une analyse de sang, pour voir. Et puis, tu arrêteras de fumer plus tard.
Sage décision. Je refume de plus belle. Mais je suis moins dépressive et angoissée depuis. Fumer, dans certaines circonstances, aide à vivre. 


Entre deux cours en visioconférence avec les BTS (évidemment, je fais semblant de tenir un cours. Qui dans ces circonstances a envie de faire un cours ?), j'ai pensé que je pourrais reprendre un petit passe-temps d'écriture. Nous voilà sommés de ralentir le rythme ! Autant en profiter pour déposer ses humeurs et surtout : le vide de sa vie sur une page blanche de blog, adressée au néant. 
Je me remémore alors le temps pas si lointain, de quand j'étais une passante hors confinement.  


C'était une belle journée d'hiver. Le ciel bleu dans le mistral. Nous avons vagabondé jusqu'à Lacoste,  par des chemins improbables, là où vivait un spécialiste du confinement. Peut-être, allions-nous rencontrer son fantôme ? 

Un homme-arbre


Un homme-Alf-barbu-à-présent


Notre marquis de Sade



Un signe du printemps, tandis que nous tombons comme des feuilles mortes.

vendredi 14 février 2020

Du bon usage de la lenteur



" Flâner : prendre son temps, se laisser guider par nos pas, par un paysage.
Écouter : se mettre à la disposition d'une autre parole à laquelle nous accordons crédit.
L'ennui : non point l'amour de rien mais l'acceptation et le goût de ce qui se répète jusqu'à l'insignifiance.
Rêver : installer en nous une conscience crépusculaire mais alerte, sensible.
Attendre : afin d'ouvrir l'horizon le plus vaste, le plus dégagé possible.
La Province intérieure : la part fanée de notre être, une figuration de l'anachronique.
Écrire : pour qu'advienne peu à peu en nous la vérité.
Le vin : école de sagesse.
Moderato cantabile : la mesure plus que la modération. "



Et du bon usage de l'hiverintérieur


vendredi 10 janvier 2020

Une Histoire érotique

Jung entretient une relation sado-masochiste avec une de ses patientes tandis que sa femme l'attend assez sagement à la maison. Virginia Woolf écrit une lettre ultime, une lettre d'amour et d'adieu très émouvante à son mari, avec lequel elle n'a jamais eu de relations sexuelles. Lou Andreas Salomé accepte de se marier après menace de suicide de son prétendant, mais à la condition que le mariage ne soit jamais consommé. Par contre, Lou vit une passion charnelle avec le jeune Rilke. Anaïs Nin éprouve un plaisir intense lorsqu'elle couche avec son père. Marie Bonaparte ne pense qu'à une chose : comment ne plus être frigide.

Plein de détails croustillants émaillent la passionnante Histoire érotique de la psychanalyse de Sarah Chiche.
Mais ce que ces histoires sensibles, crues, tragiques ou follement passionnées racontent, c'est que les relations amoureuses et sexuelles des humains sont souvent hors normes (sociales et culturelles), en fin de compte, et que l'amour-haine entre les êtres peut se rencontrer sous des formes très diverses. 
Difficile alors, parfois, de trancher et de juger de ce qui est bien ou mal dans les comportements sexuels ou amoureux, tant souvent, on remarquera leur ambivalence : le bien et le mal étant obscurément mêlés. 

 

Sur ce, après avoir dîné en compagnie du Marquis de Sade,



 soyons philosophes : buvons un bon verre de Vin de Merde.

mercredi 4 décembre 2019

Les brumes automnales




Je n'ai pas vu passer l'automne
L'automne a fui dans un soupir
Un soupir comme la brume
La brume d'un souffle automnal



J'ai toujours eu ce désarroi d'être en vie, dit Sarah Chiche. Ce pourrait être une parole automnale.
La mélancolie de Sarah Chiche est une ombre qui l'a recouverte et l'a déposée dans un berceau de ténèbres, dit-elle aussi.