mardi 19 juin 2018

Avant minuit



Il n'est pas tard mais il est presque trop tard. La ville est bien plus belle à la tombée de la nuit. Elle me disperse. Je me retrouve comme ces jeunes étudiants incapables de se concentrer plus de deux minutes d'affilée. Toujours dispersés, incorrigiblement dispersés. Mais nous rigolons bien ensemble, après tout. "Deux ont démissionné, Madame. Il n'en restera plus qu'un, un seul, à la fin." C'est vraiment trop dur, le travail est impitoyable. Un seul survivra, me disent-ils.
Je suis dispersée, moi aussi. Incapable de rester concentrée sur mon joyeux travail délétère. Comme d'habitude, j'ai attendu la dernière minute : la dernière minute du condamné. Je ne sais pas si je vais m'en sortir vivante. Ce n'est vraiment pas certain. Je crois même que je vais mourir. 
Quelque chose, cependant, quelque chose s'écrit dans la nuit : il est tard, et presque trop tard pour espérer quoi que ce soit. Mais la ville est belle à ce moment là, à ce moment unique, quand la nuit la recouvre doucement.

vendredi 8 juin 2018

L'usure avec des fleurs



J'ai demandé au Yi Ching quel chemin prendre. Le livre des mutations m'a répondu : l'usure.
J'en conclus que quelque soit le chemin empreinté, ce sera toujours le chemin de l'usure.





J'ai effacé son nom avec mélancolie
c'est fou comme ce mot rime avec ancolie

j'ai pensé à ces fleurs pour lui dire au revoir
aux plus sombres couleurs, aux fleurs qui broient du noir

on les avait semées du temps où l'on s'aimait
et on ne pensait pas que tout se fanerait

rien n'est plus déprimant que la belle ancolie
c'est fou comme elle rime avec mélancolie 


(Une poésie qui date un peu...)

jeudi 31 mai 2018

De la musique avant toute chose

La musique me remue jusqu’en mes dernières profondeurs. Les regrets, les douleurs, les tristesses, qui s’y étaient déposés en couches tranquilles par le simple effet de la raison et du temps, s’agitent et remontent à la surface. Cette vase précieuse une fois remuée, je vois reparaître au jour tous les débris de mon cœur.


lundi 28 mai 2018

ça commence à faire froid

Quand on écoute les Têtes Raides, on a du mal à redescendre dans la prose hyperthéoriquement rationnelle et objective.





samedi 26 mai 2018

L'indevenir

J'habite une méditation incessante et désordonnée
j'habite des impulsions folles et envahissantes
j'habite un corps étranger, mélancolique et vieillissant

Depuis trop longtemps,
j'habite une métamorphose lente et douloureuse.

Vivement que je devienne SDF (sans devenir fixe).




vendredi 25 mai 2018

Presque comme les oiseaux

J'en connais des amoureux des oiseaux
je ne connais pas d'oiseaux amoureux
je les imagine dans ce gris tous les deux
il leur pousserait des ailes dans le dos

même quand le ciel est loin d'être bleu
et que la vie c'est toujours pas du gâteau
je les imagine ailleurs alléger leur fardeau
ils s'en lasseront dans ce gris tous les deux