lundi 9 septembre 2019

La Noctuelle et l'Ortie

J'ai vu l'amour de papa pour maman, ça me suffit.
J'ai vu l'amour imparfait, l'amour qui fait fi de sa définition (c'est quoi l'amour ? Tu sais, c'est compliqué), l'amour qui fait mal, qui étouffe parfois, l'amour tyran, l'amour possessif, l'amour indifférent, l'amour narcissique, l'amour égoïste, l'amour intolérant, l'amour amourette, l'amour sans amour, l'amour platonique, l'amour vieillissant, l'amour qui se délite, l'amour ravivé, l'amour amitié, l'amour en deuil, l'amour pour toujours, j'ai vu tant d'amour.
J'ai même vu l'amour entre la Noctuelle et l'Ortie*

printemps ou été 2010

Sous les piquants de l'ortie
Se cache un cœur d'artichaut
Une vraie supercherie
Qui peut te brûler la peau

Je sais le mal de l'ortie
Je connais le subterfuge
Car mon jardin aux orties
Est mon unique refuge

Tu étais l'ortie royale
Qui fleurissait mes décombres
Mon amoureux rudéral
Mon dynamiseur de l'ombre

Moi j'étais la noctuelle
Outiée, piquée par tes feuilles
Je me suis faite la belle
Depuis que je suis en deuil

De toi. 

(écrit en 2009 ou 2010)
*Notes: La noctuelle, ici la plusie, est une espèce de petit papillon qui se reproduit exclusivement dans les champs d'orties. La chenille se nourrit des feuilles de la plante.
Le mal de l'ortie: (expression) une crise d'urticaire.
Le jardin aux orties (expression) désigne un cimetière.
Outier (ancien français) signifie piquer, flageller avec des orties.


A l'époque, un 26 août 2014, un commentaire de Rem*** aux étoiles, qu'on n'oublie pas :

J'ai bien aimé ton billet et surtout le poème, merci.
Par curiosité, j'ai été voir le 1° lien que tu nous donnes... et je me suis de plus en plus senti en "désamour" avec toutes les hautes pensées de bons catholiques, Et là, j'éclate de rire et ne vais pas plus loin que de copier-coller ceci :
(après l'incendie du Bazar de la Charité, qui tua de riches dames) (...) « Quand on est riche, c'est qu'on aime les pauvres. Les belles toilettes sont la récompense de l'amour qu'on a pour la pauvreté. » L. Bloy, Journal,1900, p. 247.
Je ne sais pas si j'aurais le courage d'aller voir le 2° lien, mais ce sera pour plus tard... Ah, Léon Bloy !...

vendredi 6 septembre 2019

L'adieu au village et tout et tout

Sur le divan de la salle des entretiens avec ma psychanalyste, nous en étions venues à la conclusion que j'avais fait de grandes "avancées significatives" depuis une année (je suis une patiente idéale, paraît-il, aussi nous nous entendons très bien...) et surtout, j'avais pris la deuxième meilleure décision qui soit, celle de stopper net ce projet harassant et insensé d'écrire une thèse, n'en déplaise à mon directeur. Quelle liberté retrouvée ! Quelle légèreté ! Je vais pouvoir jouir de mon temps perdu - retrouvé, pour flâner en terres d'écriture et de lecture : et rêvasser le plus souvent possible.
Mais la première meilleure décision fût de quitter ma vie antérieure, du temps où j'étais paysanne, et tout ce qui allait avec. 

Juillet 2017

En ce temps là, j'avais noté sur le frigo de ma vieille cuisine, dans cette grande maison de pierres où je vécus presque vingt ans, cette phrase de Ridan (le chanteur) : "Et si le blé m'file du bonheur, je m'ferais peut-être agriculteur."
Mais c'était refuser de voir l'orage qui planait sur les champs de blé. 
Aussi idéal fût-il, notre projet de retour à la terre était bancal et voué à l'échec dès les commencements. C'est que, trop souvent, les histoires d'amour finissent mal.

juillet 2017

Si je pars, je quitte ; et je quitte donc le bel endormi. Le livre se termine, une autre histoire s'écrit.

Mirage d'un hiver passé

Il aura donc fallu que vingt années s'écoulent, tout de même, pour que je renoue avec mes premières amours, ma vie de bohème.
A présent, au septième ciel de ma tour de Montaigne, je peux relire Ma bohème, ce poème qui a laissé une empreinte rêveuse en mon âme et mon corps, dans mes plus jeunes années de collégienne. Je peux aussi espérer avoir pris la troisième meilleure décision de mon existence : celle, entre autre, de répondre à une invitation au voyage.

Vers les forêts anciennes, et ailleurs.


"Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté."

mardi 3 septembre 2019

Je vois tout en noir mais j'aime aussi


la caresse grisante d'un vieux soleil couchant


la danse en douceur de la blanche et folle avoine


Et le gris d'un beau ciel brouillé assorti à mon ombre à paupières.

samedi 27 juillet 2019

Pendant que les champs brûlent



Grâce à France Culture et à sa sympathique série musicale de l'été, consacrée à l'Amour, j'ai redécouvert le joli titre sensuel et brûlant de ce groupe des années 80, Niagara. Un titre qui fait écho à la brûlure caniculaire de l'été, par ici. 
Et pendant que je m'évadais musicalement dans le verdoyant Pays des lacs et petite montagne du Jura, et que je rêvassais tranquillement et mélancoliquement depuis mon vide existentiel (mais tout à fait "serein", selon ma psy), extrêmement déprimée à l'idée du retour obligé, je recevais un courrier du grand Pôle emploi m'avertissant d'un trop perçu et exigeant le remboursement dans le mois qui suit. 


Madame (ma conseillère),

Je viens de recevoir une notification de trop perçu et une dette donc à rembourser. J'aimerais bien qu'à l'avenir les services de Pôle emploi évitent de se tromper dans les versements de l'allocation d'aide au retour à l'emploi car devoir rembourser une somme non négligeable 3 mois plus tard n'est pas vraiment du goût de mon budget financier (et ce n'est pas la première fois que je me retrouve dans l'obligation de rembourser une dette !)
De plus, les explications restent très floues à mon goût. On se demande comment les calculs ont été effectués.
En tout cas, je vous remercie de transmettre cette réclamation au directeur de l'agence car ce n'est pas la première fois que je suis confrontée à l'incompétence des services pôle emploi.
Si seulement, je n'avais que ça à penser. Imaginez-vous les personnes en difficultés, en situation de précarité devoir encore dépenser du temps et de l'énergie pour simplement demander un effacement de la dette ou un échelonnement ? Devoir encore justifier leur demande alors que l'erreur ne vient pas d'elles ?
La moindre des choses, c'est que le directeur présente ses excuses pour ce désagrément.

Cordialement,


La dame m'appela le lendemain pour me dire que c'était de la faute des logiciels : ils ne comprennent pas les incohérences qui surviennent régulièrement dans mon dossier. Incohérences. Heureusement, je suis un cas à part, ajoute-t-elle. 
Puis elle m'annonça qu'après avoir procéder à une mise à jour de mon dossier, j'allais bénéficier d'un rappel (ce que l'institution me doit) de plusieurs mois.

Petit incident au retour de ma vacance de l'âme.

Mais suffisamment lassant.

Puis survint le mail de mon directeur de thèse qui me dit qu'il faut absolument qu'on se voit car il n'a pas le sentiment que j'ai avancé significativement ces dernières années. 
Je lui ai répondu, entre autres, que je ne savais pas ce que signifiait "avancer significativement". 

J'abandonne, je m'abandonne au Temps. Je suis sur le déclin, Monsieur. 
Laissez-moi vivre et mourir. Je préfère rester bohémienne.

Donc, j'ai décidé de m'octroyer du bon temps. Sans regret. 
Mourir à la tâche ? J'irais plutôt boire du vin, au bord des eaux troubles.

jeudi 11 juillet 2019

Notre merveilleux palais idéal





Hommage de Charlélie Couture


De Ben




Plonk et replonk





mercredi 26 juin 2019

Rêveries musicales



J'en suis toujours à courir après le temps : cette maladie du siècle. C'est ainsi que je passe beaucoup de temps à ne rien faire, dès que possible. A rien faire, c'est à dire à flâner dans les livres, à dormir, à paresser et à me livrer à quelques rêveries notamment musicales. Je passe ainsi des heures immobiles, à contempler le déclin du jour par exemple. Et hier soir, je sombrais, de nouveau, dans les chansons si poétiques, si sensibles, si intelligentes de Brigitte Fontaine. Derrière son air farfelu, elle est, à mon goût, une des plus grandes philosophes contemporaines : elle compose les plus belles chansons d'amour que je connaisse.