dimanche 14 janvier 2018

Dommage que tu sois mort

Je suis éternellement fan des chansons de Brigitte Fontaine. J'aime l'esprit de ses textes, sa poésie. 
Elle a toujours les mots qu'il faut pour tuer le temps.




Pourquoi compter le temps qui passe ? Cela ne sert à rien, c'est complètement inutile. Cela fait seulement 4 jours et 4 ans que Suzanne est morte. Et bientôt 10 mois et demi que JF est mort.
Il vaut mieux que Suzanne reste là où elle est, on ne s'en porte pas plus mal. Mais JF, à JF, on pourrait le lui dire, pas tout à fait comme Brigitte, un peu différemment : Dommage que tu sois mort.

Un silence

 
Le silence a la couleur nue
D'un soleil blême et translucide
Journée de rien et mer livide
Où brume au ciel est confondue

Le silence a la voix du blanc
D'un matin très tôt, d'une mer
Immaculée d'un ciel d'hiver
Où l'horizon est un néant

Le blafard est tombé des nues
D'un intervalle dans le vide
Un opalin au teint humide
La mer dans le ciel s'est perdue

L'écume est blottie dans l'instant
Un interligne à l'encre austère
Le bruit s'est voilé dans l'hier
Plus rien ne sera comme avant


(2011) 

vendredi 12 janvier 2018

Ecrire avec l'obscur

En résonance avec un texte écrit et lu sur une autre grande scène du théâtre social, depuis un texte et un échange qui invitent à ne pas taire ou refouler l'obscur en soi, ou bien à faire toute la lumière sur son obscurité (chose impensable), je repense au cœur des ténèbres
S'aventurer au cœur de ses ténèbres, ce serait peut-être donc (oser) s'aventurer au cœur de son inhumanité. L'inhumanité, comme une origine, au cœur de chaque sujet. L'inhumanité toujours en attente d'humanisation. L'humanisation qui serait un possible et un impossible à la fois. 
Le sujet pourrait alors se situer et se mouvoir sur ce fil précaire : celui d'une inhumanité qui tendrait vers une humanité, une humanité qui reste cependant toujours ambiguë, puisqu'elle contiendrait toujours en elle sa part d'inhumanité. 


Voilà donc comment par une fin de matinée brumeuse, je me sens plutôt obscure.

jeudi 11 janvier 2018

Obsessions 68 & Psychose

Hier en voiture, tandis que j'écoutais d'une oreille distraite France Inter, une chanson toute folle retient mon attention. Je crois que sans cette chanson, je n'aurais pas ri de la journée. 

            
                                      


En faisant donc quelques recherches sur le net, je découvre une autre chanson, tout aussi amusante.
On n'a pas fini de découvrir.

 

mercredi 10 janvier 2018

Il était un beau jour

Beau soir

Lorsque au soleil couchant les rivières sont roses
Et qu'un tiède frisson court sur les champs de blé,
Un conseil d'être heureux semble sortir des choses
Et monter vers le cœur troublé.

Un conseil de goûter le charme d'être au monde
Cependant qu'on est jeune et que le soir est beau,
Car nous nous en allons, comme s'en va cette onde :
Elle à la mer, nous au tombeau.

Paul Bourget