mercredi 26 juin 2019

Rêveries musicales



J'en suis toujours à courir après le temps : cette maladie du siècle. C'est ainsi que je passe beaucoup de temps à ne rien faire, dès que possible. A rien faire, c'est à dire à flâner dans les livres, à dormir, à paresser et à me livrer à quelques rêveries notamment musicales. Je passe ainsi des heures immobiles, à contempler le déclin du jour par exemple. Et hier soir, je sombrais, de nouveau, dans les chansons si poétiques, si sensibles, si intelligentes de Brigitte Fontaine. Derrière son air farfelu, elle est, à mon goût, une des plus grandes philosophes contemporaines : elle compose les plus belles chansons d'amour que je connaisse.

mardi 25 juin 2019

Chat doux démon




Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

vendredi 21 juin 2019

Au bord du lac





Nous avons profité, entre deux orages, d'un moment de douceur au bord du lac. Tandis qu'elle s'endormait dans la chaleur bienfaisante du soleil, j'écrivais quelques mots dans mon journal. Il est agréable de se sentir presque en vacances ; encore une prochaine semaine bien chargée, et nous pourrons souffler un peu. 
Souffler, respirer, voilà peut-être tout ce dont j'aurais besoin dans les semaines à venir tant la fatigue m'étreint le cœur. Depuis quelques mois, je suis essoufflée. Comme toujours, l'endurance me manque. Mais depuis ce printemps, je n'ai même plus l'endurance du discours. Parler m'essouffle et me donne le vertige. Au bout de quelques minutes, ma voix s'épuise. Ma voix s'éteint d'avoir trop fumé. Elle n'a plus que la force d'un murmure. Je dois être en voix d'extinction : juste bonne à paresser sous les arbres, à contempler le frisson des feuilles, en silence. 

lundi 17 juin 2019

Dans le vide de la ville











Il était un jour passé, j'essayais d'entendre la voix de ceux qui crient, sur la place chauffée au soleil, à l'ombre de quelques platanes.

dimanche 16 juin 2019

Si ce n'est pas la pluie



Si ce n'est pas la pluie qui tombe,
ce sont les feuilles mortes
Si ce ne sont pas les feuilles mortes,
ce sont les dents
Si ce ne sont pas les dents,
ce sont les cheveux
Si ce ne sont pas les cheveux,
c'est le ciel
le ciel qui nous tombe sur la tête
Et si ce n'est pas le ciel,
C'est la nuit
la nuit qui tombe sur les corps.

mardi 11 juin 2019

Il pleut (c'est tout ce qu'il sait faire)




Il pleut dans mon monde,
il ne cesse de pleuvoir
une goutte par seconde,
une pluie, pour s'émouvoir

Au rythme des Gymnopédies
d'une musique de pluie
à faire des rimes avec Satie
à essayer des rimes, et puis... rien.

Il pleut dans mon monde,
il ne s'arrête plus de pleuvoir
des gouttes, des secondes
des pluies, pour s'émouvoir

Après les folles fantaisies
après le beau temps, la pluie
après les rimes avec Satie
il pleut toujours, et puis...

lundi 10 juin 2019

Toutes - passeront.



Comme partent toutes les marcheuses vers leur but inconnu - toujours le même - s'étant reposées un moment sous l'arbre qui jamais ne marche.

(M. Tsvetaeva, Mon frère féminin)

vendredi 7 juin 2019

Conjugaison des silences

 - Verbe du dernier groupe -

Se silencer (au définitif)

En silence (participe absent)
silencé (toujours au passé complexe, ou au présent décomposé)

Je me silence (de temps en temps)
tu te silenceras (3 points de suspension)
il se silençait (intensément)
elle se silencerait (si et seulement si)
nous nous silençames (comme un charme, au subjectif)
vous, vous êtes silencieux (exception à aucune règle)
ils s'étaient silencés (dans le vide, courageusement)
elles vont se silencer (dans un futur sans proches)
On.s silencère.nt (ensemble)

Leçon de conjugaison des corps (sans paroles) mais soupirant.
A apprendre par cœur, si (le silence est un) possible.

Ô saisons, ô châteaux



Quelle âme est sans défauts ?