mercredi 23 octobre 2019

Lettres d'amour

C'est étrange, parfois, comme un seul mot suffit
Pour éveiller en elle l'amoureuse éphémère
Un mot doux, un mot tendre, et la magie opère
Désir et sentiments sur la peau qui frémit

La routine est cruelle : amertume et ennui
Sont le lot quotidien d'une vie trop austère
Elle éprouve la lettre et souvent la préfère
A la réalité : un mot qui la séduit

L'alphabet est le lit où dorment les fantasmes
Un rêve de passion linguistique en secret
Voyelles enlacées, consonnes qui s'embrasent

Désir épistolaire et amour à la ligne
Fidèle à ses pensées, infidèle au concret
Amante de l'idée, elle guettera le signe


(poésie d'un 19/09/2010, retouchée un peu aujourd'hui, avec un ciel bleu)




jeudi 10 octobre 2019

Tous les chemins mènent au Lac


Au bord des eaux troubles

Tout près des eaux dormantes

Là où les graminées aquatiques




Ondulent dans le vent

Comme des vagues imperceptibles

- comme des rondelles d'oignons -



Une rencontre cinématographique



un souvenir liquide
une empreinte dans l'air
une trace d'eau douce







Des images d'ô











Le long de l'Herbasse

Toutes les rivières mènent au Lac...














Et aux mots d'ô





... qui sait bien des histoires.

La vie réserve bien des surprises.


lundi 9 septembre 2019

La Noctuelle et l'Ortie

J'ai vu l'amour de papa pour maman, ça me suffit.
J'ai vu l'amour imparfait, l'amour qui fait fi de sa définition (c'est quoi l'amour ? Tu sais, c'est compliqué), l'amour qui fait mal, qui étouffe parfois, l'amour tyran, l'amour possessif, l'amour indifférent, l'amour narcissique, l'amour égoïste, l'amour intolérant, l'amour amourette, l'amour sans amour, l'amour platonique, l'amour vieillissant, l'amour qui se délite, l'amour ravivé, l'amour amitié, l'amour en deuil, l'amour pour toujours, j'ai vu tant d'amour.
J'ai même vu l'amour entre la Noctuelle et l'Ortie*

printemps ou été 2010

Sous les piquants de l'ortie
Se cache un cœur d'artichaut
Une vraie supercherie
Qui peut te brûler la peau

Je sais le mal de l'ortie
Je connais le subterfuge
Car mon jardin aux orties
Est mon unique refuge

Tu étais l'ortie royale
Qui fleurissait mes décombres
Mon amoureux rudéral
Mon dynamiseur de l'ombre

Moi j'étais la noctuelle
Outiée, piquée par tes feuilles
Je me suis faite la belle
Depuis que je suis en deuil

De toi. 

(écrit en 2009 ou 2010)
*Notes: La noctuelle, ici la plusie, est une espèce de petit papillon qui se reproduit exclusivement dans les champs d'orties. La chenille se nourrit des feuilles de la plante.
Le mal de l'ortie: (expression) une crise d'urticaire.
Le jardin aux orties (expression) désigne un cimetière.
Outier (ancien français) signifie piquer, flageller avec des orties.


A l'époque, un 26 août 2014, un commentaire de Rem*** aux étoiles, qu'on n'oublie pas :

J'ai bien aimé ton billet et surtout le poème, merci.
Par curiosité, j'ai été voir le 1° lien que tu nous donnes... et je me suis de plus en plus senti en "désamour" avec toutes les hautes pensées de bons catholiques, Et là, j'éclate de rire et ne vais pas plus loin que de copier-coller ceci :
(après l'incendie du Bazar de la Charité, qui tua de riches dames) (...) « Quand on est riche, c'est qu'on aime les pauvres. Les belles toilettes sont la récompense de l'amour qu'on a pour la pauvreté. » L. Bloy, Journal,1900, p. 247.
Je ne sais pas si j'aurais le courage d'aller voir le 2° lien, mais ce sera pour plus tard... Ah, Léon Bloy !...

vendredi 6 septembre 2019

L'adieu au village et tout et tout

Sur le divan de la salle des entretiens avec ma psychanalyste, nous en étions venues à la conclusion que j'avais fait de grandes "avancées significatives" depuis une année (je suis une patiente idéale, paraît-il, aussi nous nous entendons très bien...) et surtout, j'avais pris la deuxième meilleure décision qui soit, celle de stopper net ce projet harassant et insensé d'écrire une thèse, n'en déplaise à mon directeur. Quelle liberté retrouvée ! Quelle légèreté ! Je vais pouvoir jouir de mon temps perdu - retrouvé, pour flâner en terres d'écriture et de lecture : et rêvasser le plus souvent possible.
Mais la première meilleure décision fût de quitter ma vie antérieure, du temps où j'étais paysanne, et tout ce qui allait avec. 

Juillet 2017

En ce temps là, j'avais noté sur le frigo de ma vieille cuisine, dans cette grande maison de pierres où je vécus presque vingt ans, cette phrase de Ridan (le chanteur) : "Et si le blé m'file du bonheur, je m'ferais peut-être agriculteur."
Mais c'était refuser de voir l'orage qui planait sur les champs de blé. 
Aussi idéal fût-il, notre projet de retour à la terre était bancal et voué à l'échec dès les commencements. C'est que, trop souvent, les histoires d'amour finissent mal.

juillet 2017

Si je pars, je quitte ; et je quitte donc le bel endormi. Le livre se termine, une autre histoire s'écrit.

Mirage d'un hiver passé

Il aura donc fallu que vingt années s'écoulent, tout de même, pour que je renoue avec mes premières amours, ma vie de bohème.
A présent, au septième ciel de ma tour de Montaigne, je peux relire Ma bohème, ce poème qui a laissé une empreinte rêveuse en mon âme et mon corps, dans mes plus jeunes années de collégienne. Je peux aussi espérer avoir pris la troisième meilleure décision de mon existence : celle, entre autre, de répondre à une invitation au voyage.

Vers les forêts anciennes, et ailleurs.


"Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté."

mardi 3 septembre 2019

Je vois tout en noir mais j'aime aussi


la caresse grisante d'un vieux soleil couchant


la danse en douceur de la blanche et folle avoine


Et le gris d'un beau ciel brouillé assorti à mon ombre à paupières.